Rachid Assoudi, Kenzi Tower

Rachid Assoudi, Kenzi Tower

Question: Nous allons toucher dans notre campagne et reportage tous les grands secteurs économiques marocains et notamment le secteur touristique. Dans ce sens le positionnement de Casablanca dans le créneau tourisme affaire prendra une place importante puisque la ville vient juste d’intégrer le classement GFCI comme ville financière du monde. Que représente déjà le Kenzi Tower pour la ville de Casablanca dans le contexte des hôtels cinq étoiles ?

Réponse: Le Kenzi Tower est situé à un endroit stratégique majeur de la ville puisqu’en faite il est au croisement de toutes les grandes voies de communication qui desservent cette grande ville de Casablanca…. On est présent sur la ville depuis 5 années et sommes un des acteurs principaux du développement touristique de la ville. Nous sommes le seul cinq étoiles n’appartenant pas à une grande chaine internationale ce qui ne nous a pas empêchés de se consolider comme un des grands centres hôteliers de luxe de Casablanca. C’est en effet remarquable de rivaliser avec ces grands groupes internationaux en gardant le beau positionnement que représente pour nous d’être dans le secteur cinq étoiles, le seul groupe maroco-marocain. C’est une grande réussite étant donné que la concurrence est forte et composée que de groupes internationaux qui bénéficient d’une logistique assez conséquente.

Question : Comment affrontez-vous donc le défi que représente pour un groupe 100% marocain de concurrencer des multinationales dans un créneau aussi complexe que le haut de gamme cinq étoiles ?

Réponse: C’est en effet un défi important. L’aspect essentiel est de rester attentif à la demande et à l’écoute de sa clientèle. Nous avons su effectivement se positionner en tant que pourvoyeur de services de qualité. Dans ce sens c’est une belle réussite ! Il faut noter qu’il est toujours difficile de faire face au défi d’une implantation hôtelière, où quelle soit, car on risque à tout moment de se faire dépasser par les concurrents. Dans notre cas, nous avons réussi par le choix des personnes. Nous avons construits des équipes qui sont parmi les plus performantes de la ville, étant donné qu’elles sont les plus recherchées par la concurrence. Nous avons eu aussi du personnel ayant été aussi débauché par la concurrence, ce qui prouve aussi que nous avons, chez Kenzi, une formation solide et appréciée.

Question: Comment décririez- vous la professionnalisation du secteur et du capital humain dans le domaine du tourisme et hôtelier à Casablanca et au Maroc en général ?

Réponse: Après avoir travaillé dans plusieurs pays Africains et aussi Européens, je dirais que le Maroc est très bien positionné, en ayant su intelligemment développer et gérer sa croissance touristique et son parc hôtelier, et en créant une bonne formation avec de vraies écoles de tourisme au Maroc. Il y a certes encore des aspects à développer mais en tout cas les volontés institutionnelles de progression du secteur hôtelier ont été suivies par une structure de formation et d´écoles, ce qui a permis à la population intéressée par le secteur de pouvoir se former et se développer. Il y a aussi une présence importante de professionnels extérieures ce qui a permis d’amener leur compétences afin d’enrichir et de contribuer à mieux professionnaliser le capital humain du pays. Grâce à cela, il n’est pas problématique au Maroc de trouver du personnel hautement qualifié dans une niche comme le cinq étoiles. Il s’agit d’un secteur porteur qui attire des professionnels toujours plus performants. Au Maroc, on a compris qu’il faut continuer de positionner le pays sur le plan touristique. En outre, il y a de plus en plus de gens qui vont même se former dans des écoles de tourisme internationales telles que Lausanne ou Lyon et reviennent avec de hautes compétences.

Question : Casablanca a été classée ville financière du monde par le GFCI pour 2014. Quelles sont les attentes du créneau cinq étoiles par rapport à cette consolidation de la ville comme centre d’affaires internationale ?

Réponse:   Cela a un véritable impact car il y a une cité financière qui va bientôt voir le jour. De plus Casablanca devient et se consolide de plus en plus comme le hub financier de l’Afrique et par conséquent le développement touristique et hôtelier de Casablanca ne va être qu’exponentielle. Notez que la demande est grande et l’offre hôtelière ne cesse de grandir. On a de grands groupes à l’heure actuelle qui s’installent à Casablanca, jusqu’à maintenant il y avait le groupe Accor, Starwood, Hyatt, mais il y aura bientôt aussi Marriott ou Four Seasons. On voit bien que ces grands groupes viennent à Casablanca parce qu’il y a un intérêt économique réel qui se traduit par une augmentation du parc hôtelier.

Question: Y-a-il un risque de suroffre avec tous ces grands groupes dont vous faites mention ?

Réponse: Honnêtement on en est pas encore là. Il existe encore de grandes possibilités de développement et tous les hôtels qui ouvrent à Casablanca le font suite à des études de marché pointues. L’évolution de la place Casablanca n’a pas été soudaine mais plutôt soutenue dans le temps suivant une courbe logique n’ayant pas eu des pic d’accélération. C’est donc une croissance mesurée et équilibrée qui n’est pas le résultat d’un boom soudain. Finalement l’offre croissante appel toujours une demande. Au fur et à mesure où Casablanca aura une offre hôtelière plus riche, il y aura plus de demande. Si l’économie suit, et en principe la croissance continue, je n’ai aucun doute que les taux d’occupation de la ville n’iront qu’en grandissant.

Question: Quelles seraient d’après vous les points forts et les points faibles du secteur hôtelier dans la ville de Casablanca ?

Réponse:   Je dirais que le premier point fort de cette ville est le faite d’être devenu Le Hub Africain avec par conséquent un grand passage sur Casablanca. En outre, il y a eu un développement et une stabilité économique évidente qui s’opèrent depuis déjà quelques années, de même qu’il y a une stabilité politique qui fait que le pays est séduisant et attire de plus en plus d’investisseurs dans un havre de paix, surtout si l’on compare le Maroc avec tout ce qui s’est passé dans d’autres pays voisins ces dernières années avec le remue-ménage du « Printemps Arabe ». Le Maroc a su garder une certaine stabilité en sachant rassurer les investisseurs internationaux. On se sent dans une certaine quiétude au Maroc ce qui est un grand avantage pays à l’heure actuelle. Quant aux points faibles, sincèrement je n’en vois pas énormément si ça n’est qu’un certain manque d’infrastructures dans la ville. Il y a des aspects certainement à améliorer dont la circulation en est un très important. La ville a éprouvé un grand essor en très peu de temps, n’ayant toujours pas eu le temps d’assimiler tous les changements que cela entraîne. L’infrastructure de la ville n’a pas toujours suivie, en revanche il y a maintenant une vraie volonté de la ville de s’y investir.

Question: Quelles sont les infrastructures qui se développent plus rapidement en ce moment à Casablanca, on parlait du métro dans le passé?

Réponse: On parle beaucoup du métro aérien, mais surtout on a beaucoup développé ces derniers temps et avec grand succès le tramway, qui apporte en effet une solution de transport intelligente pour la ville. Finalement il y a une vraie volonté politique de développer un transport en commun efficace pour la population et beaucoup moins polluant, et Casablanca a un problème relativement important de pollution. La volonté politique est là et Sa Majesté a nommé un nouveau Walid à Casablanca justement pour porter cette ville vers un développement sur l’infrastructure et son image qui soit en concordance avec la croissance expérimentée par le pays ces dernières années.

Question: Si vous étiez amené à une brève analyse des complémentarités entre les différentes catégories quatre et cinq étoiles à Casablanca, quelle serait votre conclusion ?

Réponse:   Il y a en effet une vraie complémentarité de l’offre. Il y a peut être un manque d’hôtels quatre étoiles quoique il y en de bons dans cette catégorie, et il y de très bons hôtels cinq étoiles. Ceci étant dit pour que la ville ait une offre hôtelière plus pertinente, il faudrait que le créneau quatre étoiles se développe davantage car il y a une demande de plus en plus diverse.

Question: Créneau quatre étoiles avec des standards internationaux ?

Réponse:   Le Maroc actuellement est assimilé aux critères internationaux en termes d’hôtellerie, surtout dans la catégorie cinq étoiles ou dans le segment des affaires où le standard est le même, et surtout à Casablanca. En ce qui concerne l’hôtellerie touristique, il y a en effet plus de diversité dans les standards.

Question: Vous avez parlé de croissance économique. Quelles sont les expectatives pour le secteur hôtelier par rapport á la nouvelle stratégie industrielle du gouvernement qui pourrait attirer des milliards d’investissement envers le Maroc d’ici 2020?

Réponse:   Pour le groupe Kenzi c’est un plan très important car nous avons deux infrastructures hôtelières à Casablanca ; Le Kenzi Tower qui est le fleuron de la chaîne, et qui fait partie des acteurs majeures de l’hôtellerie cinq étoiles de Casablanca. Nous avons un autre hôtel, l`hôtel Basma qui est actuellement un hôtel quatre étoile que nous allons rénover cette année pour en faire un dans la catégorie des « boutiques hôtel ou hôtel de charme ». Aussi nous avons un projet dans la zone d’activité économique de Sidi Maarouf, dans la périphérie de Casablanca sur la route de l’aéroport, qui devrait voir le jour en 2015-16. Par conséquent on voit bien que le développement économique et industriel de la ville est suivi d’un développement hôtelier équivalent, et le groupe Kenzi a bien su comprendre la nécessité de se développer dans la capitale économique du pays dans un secteur assez dynamique et concurrentiel.

Question: Vous avez fait mention du segment hôtel boutique grâce à la réforme du Keniz Basma que votre groupe envisage de réformer. Est-il un segment porteur à Casablanca ?

Réponse:   C’est certainement une niche qui reste à développer, mais nous avons quand même quelques exemples de boutique hôtels sur Casablanca, ce qui montre que la variété et l’offre sont en train de se diversifier et s’intensifier et que la ville est en pleine période de développement.

 

Question: Le tourisme au Maroc a atteint plus de 8 millions de visiteurs en 2013, et attendrait plus de 10 millions l’année en cours et prochaine. Y-a-t-il le souci d’intégrer le tourisme traditionnel au Maroc avec le nouveau tourisme d’affaires axé sur Casablanca ?

Réponse:   Oui bien sur car Casablanca qui se positionne comme le grand Hub Africain, attire de plus en plus une clientèle d’Afrique Subsaharienne qui va venir ici plutôt que de se déplacer dans des villes comme Paris, par exemple pour aller au Morocco Mall qui est le shopping center de référence en Afrique de l’ouest. Le développement de Casablanca comme capitale de la mode, loisir et du shopping peut devenir effectivement un phénomène intéressant, ça reste encore à l’état d’ébauche mais à l’avenir il sera plus facile d’aller de Dakar à Casa qu’à Paris ou Londres. En même temps le Maroc a toujours attiré une clientèle du Moyen Orient car le pays est attractif et séduit depuis toujours de par sa culture et de par son artisanat qui est présent dans toutes les décorations des grandes maisons du Moyen Orient. Dans ce sens, Casablanca pourrait développer davantage, parmi d’autres, l’aspect centre artisanal dont le centre est maintenant à Marrakech, et devenir un acteur dans ce domaine avec un grand potentiel. Il y a beaucoup de domaines où le potentiel de la ville est grand mais reste à développer.

Comme on a dit tout alors, la ville a pleins de projets en ce moment et sur le plan des infrastructures, ou les assainissements qui s’améliorent, en même temps on travaille pour que les plages soient plus accessibles et propres. En somme, il y a un bon espoir que d’ici 2020 les objectifs du Ministre de l’Industrie soient complètements atteints, et que Casablanca soit partie intégrante de ce développement. Le nouveau Walid nommé par Sa Majesté a une vision stratégique de la ville sur le long terme et montre grande volonté de la part de la plus Haute Instance du pays.

Question: Quel dernier message donneriez-vous au public français?

Réponse:   Il y a une grande tradition franco-marocaine et un véritable amour et histoire commune entre les deux peuples. Il y a de même un vrai attachement et un français peut se sentir chez soi au Maroc et plus concrètement à Casablanca. Les français du XXIème siècle sont très mélangés, et la France a toujours été un pays de brassage, ils savent donc apprécier les différentes cultures et celle du Maroc en particulier car on se sent très proches. Les marocains aussi sont attirés par cette relation maroco-française, car eux aussi ont été un peu bercés par la culture française. Le développement touristique du Maroc passe bien évidemment par les français qui viennent ici avec grand plaisir. La France est un grand marché et le développement économique du Maroc se fait en grande partie, entre autres, en collaboration avec la France. De notre côté, Kenzi, nous sommes une chaîne purement marocaine et nous offrons un savoir faire marocain. Ce fait nous positionne différemment qu’une chaîne internationale occidentale, mais avec la volonté de séduire de plus en plus à un public français et occidental à la recherche d’une qualité avec un standard international mais avec une véritable touche marocaine… Donc venez nous rendre visite vous ne serez pas déçus !