Nouveau plan industriel, 2014 – 2020

Nouveau plan industriel, 2014 – 2020

Avec une croissance annuelle moyenne de 4,5 à 5% entre 2008 et 2013 et de 2,4% pour 2014 (selon le Haut Commissariat au Plan marocain), le Maroc est resté stable en dépit de la crise mondiale qui a affecté notamment l’Europe, son principal marché. Il a ouvert son économie et signé des accords de libre échange avec 55 pays. De plus, il a connu une remarquable stabilité politique au cours d’une période marquée par le Printemps Arabe et la déliquescence de la Libye. Enfin, la modernisation économique s’est accompagnée de réformes politiques importantes, notamment la nouvelle constitution de 2011.

L’une des clés de voûte de cette modernisation a été le plan Emergence (2005) pour l’industrialisation du pays autour de différents secteurs porteurs tels que l’automobile, l’aéronautique et l’offshoring. Aujourd’hui, ce concept de « clusters » industriels est prolongé par ce que Moulay Hafid Elalamy, le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique (un portefeuille qui indique en soi les priorités économiques du gouvernement) appelle les « écosystèmes ». En avril 2014, celui-ci présentait le nouveau plan industriel pour la période 2014-2020, conçu autour de cinq objectifs : « Accroître la capacité d’absorption par l’industrie des nouveaux actifs – près de 1 300 000 nouveaux emplois doivent être créés au cours de la prochaine décennie ; augmenter la part de l’industrie dans le PIB de 14% actuellement à 20% ; dynamiser les exportations et ainsi réduire le déficit de la balance commerciale ; démultiplier l’attractivité du Maroc en termes d’investissements nationaux et étrangers ; améliorer la compétitivité. »

Aujourd’hui, M. Elalamy s’étonne lui-même des premiers résultats de ce plan. « La restructuration de notre économie autour de locomotives et d’écosystèmes dans les différents secteurs donne plus de résultats que je ne pouvais l’espérer. Dans les secteurs aéronautique et automobile, les chiffres sont tout simplement impressionnants et le textile les talonne de près, » remarque-t-il.

« Le nouveau programme ambitionne de porter la contribution de l’industrie au PIB de 14 % actuellement, à 23% à l’horizon 2020, créer 500 000 postes d’emploi et multiplier les effets avantageux des exportations industrielles et de l’approvisionnement des entreprises sur le marché local, » ajoute pour sa part Othman Benjelloun de la BMCE. « Dans ce sens, un Fonds de développement industriel (FDI) sera créé et doté d’une enveloppe de 20 milliards de dirhams [1,8 milliard d’euros] afin de donner à l’industrie marocaine les moyens de ses ambitions d’intégration et de mise à niveau. Pour sa part, le secteur bancaire s’est engagé, aux côtés des agents économiques, pour mettre à disposition l’ensemble des moyens nécessaires pour accompagner le Maroc vers ce nouveau cap industriel. »

C’est donc un Maroc modernisé et confiant que le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a retrouvé les 9 et 10 mars pour une visite destinée à confirmer « le renouveau des relations d’amitié » entre les deux pays. Les discussions devaient porter sur « les ambitions renouvelées du partenariat franco-marocain : lutte contre le dérèglement climatique, lutte contre le terrorisme et prévention de la radicalisation, sécurité et développement en Méditerranée comme en Afrique, » a indiqué le Quai d’Orsay.