Mohammed Berrada, Président de Sonatex

Mohammed Berrada, Président de Sonatex

Le dernier prix Nobel d’économie a été décerné à Jean Tirole, favorable à l’interventionnisme. Surpris par ce choix?

Mohamed Berrada : Je ne pense pas que Jean Tirole soit un interventionniste, un anticapitaliste ou un libéral. Il n’est pas un politique et de ce fait il ne risque pas de se glisser dans de tels débats idéologiques. C’est un scientifique, un chercheur qui aborde les problèmes économiques de manière rationnelle, en utilisant les meilleures connaissances techniques disponibles. Il n’aime pas les solutions simplistes liées à des discussions de salon. Si vous lui donnez cette étiquette parce qu’il s’attaque à la régulation des marchés, c’est aller vite en besogne. La régulation des marchés est une question d’actualité et je ne suis pas surpris par ce choix. Il le mérite !

Pourquoi cet éloge ?

L’économie mondiale a connu au cours des vingt dernières années une croissance considérable marquée par une aggravation des inégalités à l’intérieur de chaque pays et entre pays. Cette croissance a été accompagnée par des mouvements de concentration de nombreuses industries et l’émergence d’entreprises en situation oligopolistique, notamment dans le secteur des technologies. Les privatisations ont accentué dans certains cas ce mouvement. La crise des sub prime, vous en rappelez, a posé la question des banques « too big to fail », issues de nombreuses fusions liées à la déréglementation financière, et qui ont été largement secourues pas l’argent des contribuables. Une conséquence du laxisme des gouvernements quant à la surveillance des règles prudentielles.

C’est un fait aujourd’hui que de nombreux marchés sont dominés par quelques entreprises qui influencent tous les prix, les quantités et la qualité. Or la théorie économique traditionnelle ne traite pas des cas des oligopoles. Elle présuppose qu’on ne peut se trouver que devant un seul monopole ou en situation de concurrence parfaite. L’apport de jean Tirole a été de montrer la nécessité de réguler autant les industries oligopolistiques que les monopoles, en utilisant des instruments conceptuels comme la théorie des jeux ou la théorie des contrats. Réguler pour préserver une situation de concurrence parfaite, dans l’intérêt du consommateur ! Dans notre pays dans une certaine mesure la mission de veille est confiée au conseil de la concurrence. Mais son efficacité reste relative quand on observe les perturbations liées au phénomène de la mondialisation et leur conséquence sur notre économie.

Précisément, nous assistons depuis des années au développement d’une économie financière qui est devenue totalement disproportionnée par rapport à l’économie productive réelle. Pensez-vous que le Maroc comprend ce phénomène sur le plan économique et essaie de trouver l’équilibre perdu dans certains pays occidentaux ?

C’est vrai que nous vivons depuis 2008 une crise financière internationale majeure qui s’est traduite ensuite par une crise économique et une crise sociale avec la montée du chômage. Notre locomotive, l’union européenne, ralentit depuis un certain temps qui se répercute sur notre croissance. Doit-on de ce fait attribuer tous nos maux au développement de la finance ? Je ne souhaite pas tomber dans des stéréotypes. La finance sert à financer la croissance. Elle a une utilité économique incontestable. Les réformes financières que nous avons menées par exemple au Maroc ont joué un grand rôle dans le développement économique qui a suivi. Ce que l’économie n’aime pas, ce sont les abus. A force de déréglementer la finance, on a créé des niches où les abus ont fini par s’enliser. On a fini par faire de la finance pour la finance et non pour la croissance économique. A tel point que l’équilibre entre les flux réels et les flux monétaires a fini par se rompre. D’où la crise.

En fait, il n’y a pas une crise, il y a des crises. Le monde traverse aujourd’hui une multitude de crises. Mais lorsqu’on parle de crise, on parle surtout de la crise économique et financière ! L’économie couvre tout le reste. Si on observe ces phénomènes dans leur globalité, c’est à mon avis à une crise de civilisation qu’on assiste, à travers laquelle les considérations matérielles surplombent les valeurs de civilisation. La mondialisation influence notre société en transmettant d’autres valeurs. C’est pourquoi dans notre pays les stratégies de développement se construisent sur la base d’un équilibre intelligent entre les préoccupations économiques et sectorielles, mais aussi culturelles, éducatives, et religieuses qu’il faut préserver et consolider. Notre système politique et Sa Majesté le Roi en particulier y veillent en permanence.

Sur le plan économique comment s’instaure cet équilibre dans votre pays au regard des perturbations qui marquent le monde ?

J’ai parlé des perturbations financières internationales issues des excès des déréglementations. Mais il ne faut pas oublier que le développement de la finance a pour origine aussi le développement des échanges mondiaux. Finance et commerce se conjuguent. Peut-on dire qu’à ce niveau il y a eu aussi excès de libéralisation du commerce international qu’illustre le phénomène de la mondialisation ? A mon avis, oui. L’excès de libéralisation du commerce international sans processus de régulation concomitant explique en partie le ralentissement de la croissance économique mondiale, en particulier chez nos partenaires européens. Les pays européens subissent par exemple les effets de la concurrence chinoise qui agit avec des coûts comparatifs largement inférieurs et un yuan sous valorisé. Des réformes structurelles s’avèrent nécessaires pour relever le niveau de compétitivité des entreprises dans la mesure où des pans entiers de l’industrie se trouvent abordés. Jean Tirole a pointé du doigt en particulier la législation du travail française et son rôle dans la diffusion du chômage. Il a raison.

Mais il en est de même dans notre pays. Le Maroc, sous la pression de la dette extérieure, avait mis en œuvre, au cours des années 80-90, un programme d’ajustement et de réformes structurelles qui lui a permis de retrouver ses équilibres financiers. Bien plus, il a joué auprès du FMI et de la Banque Mondiale un rôle moteur pour accélérer la négociation d’accords de libre-échange, et c’est à Marrakech qu’a été consacrée la naissance de l’OMC. Il faut reconnaitre que cette tendance à l’ouverture économique et commerciale est devenue universelle et que personne n’osait et n’ose aujourd’hui encore la remettre en question. Les socialistes sont devenus des libéraux, et la pensée unique s’implante. Bien sûr, le Maroc surprotégé autrefois, devait ouvrir son économie à la concurrence et battre en brèche les situations de rente. Cela faisait partie de ses réformes structurelles. C’est normal. Il adhère donc aux accords multilatéraux et signe par la suite des accords bilatéraux avec plusieurs pays.

Alors quel est le problème ?

Le problème réside dans le fait que nous n’ayons pas été suffisamment préparés pour affronter la concurrence de certains pays plus avancés que nous, et avec lesquels nous avons signé des accords. Il faudrait au préalable mettre à niveau le tissu économique et sa compétitivité. Le libre-échange insuffisamment programmé augmente le risque de distorsions entre secteurs. Et c’est le secteur industriel, secteur moteur pour la création d’emplois directs et indirects, qui voit sa part se dissoudre lentement dans le PIB, au profit du secteur tertiaire et des services, passant ainsi de 20% à 14%.

Ceci n’est pas de nature à arranger la situation de notre balance commerciale structurellement déficitaire pour un pays en développement. Nous importons deux fois plus que nous n’exportons, un déficit financé en grande partie par les ressources des Marocains résidant à l’étranger et par le tourisme. Ce déséquilibre illustre notre manque de compétitivité. Et c’est le défi majeur du gouvernement aujourd’hui ! Comment améliorer la compétitivité de nos entreprises pour pouvoir faire face à une concurrence devenue internationale avec des situations d’oligopole. Rien ne m’empêche de considérer l’atelier du monde chinois comme une situation d’oligopole détruisant les conditions d’instauration d’une économie pure et parfaite. Vous voyez bien que le thème de la nécessaire régulation de la concurrence revient encore sur la table, et que les analyses du prix Nobel, jean Tirole, auraient intérêt à couvrir des zones différentes plus larges à configuration internationale, pour réduire les déséquilibres économiques induits par ces excès de libéralisme.

Le pays a lancé différents plans industriels depuis 2010, avec entre autre la nouvelle stratégie industrielle lancée au mois d’Avril dernier. Quelle est votre point de vue ?

Mohamed Berrada : Incontestablement au cours des 12 dernières années, le Maroc a fait des pas gigantesques dans tous les domaines. Il faut le reconnaître. Des pas extrêmement importants, notamment dans le domaine des infrastructures : plus de 1700 km d’autoroutes ont été construits, tout particulièrement dans le nord du pays, également l’arrivée du LAV (TGV), fait unique en Afrique. Des villes équipées en tramways. Le port de Tanger et ses zones industrielles, ainsi que le développement de l’industrie automobile constituent des exemples remarquables. Nous sommes au début d’un processus de création d’une véritable industrie automobile au Maroc. Une stratégie est mise en place pour améliorer la valeur ajoutée de cette branche en fabricant sur place les composants. Une grande partie de ces composants provient des pays voisins comme l’Espagne, boostant ainsi les échanges régionaux.

Pour ma part, je considère que c’est en développant les échanges sur le plan régional, qu’on peut lutter contre les effets négatifs de la mondialisation ! Mais de telles idées ont fait leur temps. Qu’est devenue l’UPM ?  Le processus de Barcelone ? Il est remplacé par des programmes de régulation migratoire ! Pourtant le sud le l’Europe aurait avantage à construire une économie régionale avec les pays du Maghreb et l’Afrique sub-saharienne avec laquelle le Maroc tisse désormais des liens de plus en plus forts.

Mais revenons à notre industrie ! Il n’y a pas que l’automobile. Il y a aussi les succès enregistrés par l’industrie aéronautique, les nouveaux métiers du monde, sans pour cela abandonner des branches traditionnelles comme le cuir et le textile, qui emploient beaucoup de main d’œuvre. Le gouvernement entend mettre en place dès cette année un programme de soutien à ces entreprises susceptible d’améliorer leur compétitivité et d’exporter plus.

Qu’en est-il des réformes économiques ?

Le Maroc est un pays où les réformes se succèdent et se soutiennent. La réussite économique est liée d’abord aux réformes politiques, avec la nouvelle constitution de 2011, des élections libres, un gouvernement fort. Prenons un exemple : la maitrise du déficit du trésor. L’Europe du Sud ne dort plus. Chez nous, elle fait désormais partie intégrante de notre culture, quelque soit le gouvernement. Lorsqu’on assiste à un dérapage financier, souvent lié à des causes exogènes, le gouvernement prend immédiatement des mesures structurelles, même si elles sont impopulaires. Il en est ainsi de l’indexation des produits pétroliers aux cours internationaux décidée avant la chute des cours du pétrole. Les économies dégagées au niveau des charges de subvention iront ainsi à l’investissement. Cette maitrise du déficit interne, environ 4,50% actuellement dans une conjoncture difficile, permet d’obtenir un niveau d’inflation considéré parmi les plus faibles du monde, aux alentours de 0.3%, ce qui autorise à baisser le taux d’intérêt et à booster l’investissement.

Quel serait votre diagnostic à l’égard de la formation et de l’éducation, points très controversés au Maroc malgré la dynamique des reformes?

Chez nous, malheureusement, l’éducation demeure le point faible de notre système. Beaucoup d’efforts restent à faire. Certes, il y a eu des progrès significatifs au niveau du taux de scolarisation qui a atteint pratiquement 98%. Cela signifie que tous les enfants de 7 ans sont scolarisés. Mais le vrai problème c’est l’abandon scolaire par la suite. Sur 100 enfants qui entrent en primaire, il y en a à peine 70 qui terminent le cycle du primaire et 2 qui finissent avec un diplôme d’enseignement supérieur.

Cette déperdition tout le long des cycles de formation coûte très chère au pays ! Car 30% du budget de l’Etat sont affectés à l’éducation. D’énormes efforts restent à mobiliser dans l’espace, particulièrement dans les zones rurales et dans le temps, pour combattre l’abandon. Il faudrait renforcer le principe de la scolarité obligatoire, surtout dans les zones où les parents n’en comprennent pas toujours l’importance. Il faut développer le préscolaire, dans la mesure où l’intelligence humaine, biologiquement parlant, se construit entre 2 ans et 6 ans. Tout le monde est conscient au Maroc qu’une mobilisation générale de toutes les composantes de la société est urgente pour renforcer ce facteur essentiel du développement humain. Mais tout le monde sait aussi que c’est un travail de longue haleine dont les résultats n’apparaissent qu’au bout d’une génération.

Comment voyez-vous évoluer le Maroc en ce qui concerne le rééquilibrage économique et la répartition des richesses?

La réponse n’est pas simple. Le revenu par tète dans notre pays a certainement augmenté au cours de ces dernières années. Il s’explique par une croissance moyenne de 4.20% conjuguée à une croissance démographique de plus en plus faible, due à une baisse de la fécondité. Les statistiques démontrent également une baisse relative de la population pauvre. Des progrès manifestes ! Il faut reconnaitre que les actions de l’INDH ainsi que ceux de la société civile jouent un rôle majeur dans ce domaine. Des programmes gigantesques de construction de logements sociaux et de résorption de bidonvilles ont été mis en œuvre, à tel point que le Maroc étend son expertise dans ce domaine à des pays sub-sahariens. Il en est de même de notre nouveau système de santé et de la mise en place de médicaments génériques moins chers.

Mais est ce à dire que cela s’accompagne d’une réduction des inégalités ? Franchement je ne peux pas me prononcer sur cette équation difficile lorsque j’observe ce qui s’est passé dans des pays comme les USA où les inégalités ne cessent de s’aggraver, avec une croissance aussi forte, et que c’est au niveau d’une couche de population pauvre qu’est née la crise des sub-prime.

La préoccupation de tous les gouvernements est la recherche de la croissance. Si la réduction des inégalités est un indicateur de progrès, la locomotive en est la croissance. Car seule la croissance et l’investissement peuvent créer des emplois, baisser le chômage, et générer des revenus dont il faut assurer une répartition plus équilibrée.

D’après vous, la classe moyenne marocaine stagne ou s’accroît ?  

Le concept de classe moyenne au Maroc est relatif. On ne doit pas le comparer au concept européen. Les niveaux de revenus, les modes de vie, les traditions familiales, le coût de la vie sont totalement différents. Donc interprétations différentes. Nous le savons, la classe moyenne est la locomotive de la croissance. Si on se réfère au développent observé du secteur du logement, de la consommation des biens durables, du nombre de magasins de grande surface qui ont émergé, nous pouvons dire que nous assistons à un élargissement de la classe moyenne, et toute choses égales par ailleurs, à l’avènement d’une société de consommation.

Vous venez de publier ce livre écrit il y a longtemps, « Une élite de transition, les entrepreneurs marocains des années 60 », un titre très significatif. Pourquoi avez-vous choisi de le publier maintenant ? Les élites marocaines sont-elles conscientes des changements profonds que vit le pays ?

Un pays n’avance que par le dynamisme de ses élites. Il n’y a pas une élite, il y a des élites : des élites politiques, économiques, technocratiques, entrepreneuriales. Pourquoi ce livre ? Au lendemain de l’indépendance, l’Etat avait mis en œuvre une politique d’industrialisation par substitution d’importation en vue de créer un pole industriel national, avec des mesures incitatives généreuses. C’est ce dernier qui en profite le premier en créant une série d’entreprises publiques souvent en position de monopole, donnant ainsi naissance à un véritable capitalisme d’Etat. Mais parallèlement on voit peu à peu des entrepreneurs marocains, issus d’activités commerciales traditionnelles, investir dans l’industrie. Un comportement nouveau dans un environnement chargé de contraintes, dans la mesure où la pensée économique de l’époque ne valorisait pas l’esprit d’entreprise et que seule l’expérience soviétique était enseignée comme modèle de développement. Ces entrepreneurs sont les pionniers du capitalisme privé marocain. Beaucoup d’entrepreneurs aujourd’hui ignorent les défis que leurs ainés ont relevé dans le passé, portés par des valeurs, comme le sens du travail, de l’épargne, le patriotisme, et le respect des engagements Je voulais leur rendre hommage. Car le Maroc a bien changé depuis, l’esprit d’entreprise se diffuse dans toutes les couches de la population, et de nouvelles élites se sont succédées, conduisant sans cesse à une recomposition du capitalisme privé marocain. Si aujourd’hui le défi économique est de créer et de consolider une industrie performante, elle ne peut se déployer que s’il y a des hommes et des femmes entrepreneurs capables de la promouvoir. Au-delà de la politique économique ou industrielle, il y a d’abord une affaire d’homme, de créateur, de génie, de capitaine d’industrie dans un monde où la concurrence est souvent déloyale ! Là où réside le capital immatériel de la nation !

Justement le concept de capital immatériel lancé par Sa Majesté le Roi l’été dernier semble marquer les discours et les agendas. Quelle est votre vision ?

Sa Majesté a raison. Qu’est ce qui fait la richesse d’une nation ? L’importance numérique de sa population ? Sa production industrielle ou agricole ? L’importance de ses infrastructures ? Le niveau de son PIB ? Contrairement à une idée répandue, le PIB ne désigne pas la richesse d’un territoire, mais sa production sur une période donnée. Ces éléments ne suffisent donc pas pour évaluer la richesse d’une nation. Sa Majesté le Roi a demandé que l’on intègre à la mesure globale du pays entre 1999 et fin 2013, le capital historique, culturel, humain, social, la qualité de vie, l’environnement.

On le sait, la majorité des politiques économiques se construisent sur la base d’indicateurs quantitatifs. Désormais, il faut tenir compte d’éléments qualitatifs et immatériels qui sont au cœur du développement. C’est toute la différence entre le concept de croissance et celui de développement. Ce qui fait la richesse d’un pays, c’est l’éducation et le dynamisme de sa population, la créativité, l’accumulation du savoir, l’expérience, l’intelligence collective, la créativité intégrée à l’esprit d’entreprise ! Développer l’esprit d’entreprise chez les jeunes, leur apprendre à devenir autonome, à créer, voila le capital immatériel de l’avenir ! Et ce capital immatériel ne se fabrique pas instantanément, c’est le fruit de transformation et d’une longue évolution. Par conséquent, l’appel de Sa Majesté vise la formation, le rôle des universités, la recherche, la créativité, mais surtout l’esprit d’entreprise, qu’il ne faut pas diffuser seulement au niveau d’une élite, mais qu’il faudrait insuffler au sein de toutes les couches de la population.

Un dernier message à nos lecteurs francophones ?

L’espace francophone dans lequel le Maroc se mue est aussi un espace de coopération et de solidarité. Le Maroc comme la France est caractérisé par une diversité culturelle et plurielle qui fait notre richesse. Nous avons des valeurs communes : la tolérance et le respect des identités de chacun. De jeunes marocains performent dans les grandes écoles et universités françaises et participent souvent par la suite au développement de ses institutions et ses entreprises. Nous sommes fiers d’exporter notre capital immatériel vers la France. Mais ce capital est en fait un capital commun. Il s’enrichit par nos expériences réciproques. Quelque soit sa position, il contribue à notre richesse nationale.