Mohamed El Kettani, PDG, Attijariwafa bank

Mohamed El Kettani, PDG, Attijariwafa bank

Quel est votre avis sur la nouvelle loi bancaire. Que va-t-elle représenter pour le secteur bancaire et secteur financier marocain en général ?

M. El Kettani: La nouvelle loi bancaire est en discussion depuis un certain temps. Le texte a été élaboré par la Banque Centrale, Bank Al-Maghrib, et soumis à l’appréciation du Gouvernement. Après plusieurs mois de dialogue et de discussions, les deux chambres du parlement ont validé ce texte. Cette loi vient enrichir l’ancienne déjà en vigueur par la mise œuvre de tous les mécanismes de régulation prudentielle conformes aux standards internationaux les plus avancés. En effet, les deux seuls secteurs bancaires en Afrique qui respectent les exigences de Bâle II et qui sont en train de passer à Bâle III, comme les banques européennes sont celles du Maroc et de l’Afrique du Sud. Nous sommes donc réellement en avance à ce niveau-là. Cette nouvelle loi bancaire vient donc conforter la mise à niveau aux standards internationaux, en matière de gouvernance, de sécurité des dépôts, de régulation des activités bancaires et de respect des grands équilibres, des bilans des banques et notamment le fameux ratio de solvabilité et de liquidité des banques. Mais, elle comprend aussi un volet innovant puisqu’elle intègre le concept de banque participative. La Banque Centrale permet aux banques d’avoir recours aux financements alternatifs, comme par exemple la finance islamique.

Cette avancée législative est véritablement un pas en avant dans la globalisation du secteur financier marocain…

Absolument. Cette réforme va nous permettre d’aller vers l’intégration et d’enrichir la palette d’offres à la clientèle avec la perspective de drainer des capitaux internationaux vers l’économie marocaine, mais aussi via le Maroc vers les économies des pays voisins, et notamment de l’Afrique subsaharienne.

Attijariwafa bank est déjà au stade de Bâle III, que pouvez-vous commenter?

Tout le secteur bancaire marocain y est déjà. C’est une exigence règlementaire de la Banque Centrale. L’opportunité qui s’ouvre à Attijariwafa bank vient du fait que sur le marché marocain, nous disposons déjà d’un établissement financier spécialisé dans les activités de banque participative, à travers notre filiale Dar Assafaa. « Dar », qui signifie maison en arabe, et « Assafaa » pureté. Dar Assafaa est au Maroc, le seul établissement financier spécialisé dans les produits de finance alternative ou finance islamique. Dar Assafaa, au titre de cette nouvelle loi va se transformer en une véritable banque participative. C’est-à-dire, qu’elle peut collecter des dépôts et drainer de l’épargne nationale et internationale pour financer des projets d’investissement et satisfaire aussi les besoins des ménages qui ont des convictions spécifiques et qui veulent consommer des produits de banque participative.

Comment expliqueriez-vous ce qu’est la banque islamique à un public francophone qui s’intéresse au développement financier marocain, et que va-t-elle représenter pour une banque comme Attijariwafa bank ?

Contrairement à la banque conventionnelle, la banque participative va axer essentiellement ses activités sur ce qu’on appelle « Al Moucharaka » c’est-à-dire la participation dans les projets d’investissements, une sorte de capital risque. Ainsi les clients qui ont de l’épargne pour investir, viendront voir la banque participative afin d’étudier avec elle les opportunités qu’offre le marché en termes d’investissement, soit dans l’immobilier, le commerce, le trading, ou dans l’industrie en assumant le risque avec la banque participative. D’autre part, la deuxième catégorie de produits qui va être lancée sur le marché s’assimile au leasing. C’est-à-dire que la banque participative achète un certain nombre de biens, comme les véhicules et les loue à sa clientèle. La banque, dans ce cas, se positionne en tant que grossiste, pouvant par exemple aller chez un promoteur immobilier et acheter une part importante de son projet immobilier, moyennant une marge sur cette acquisition. Ensuite, la banque va permettre de satisfaire les demandes des ménages désireux d’acquérir ces appartements ou ces lots de terrain moyennant une marge et avec un échéancier de remboursement. Cette activité à moyen terme représenterait quelque chose comme 5 à 10% de l’ensemble des actifs bancaires.

Attijariwafa bank est une institution qui a plus de 100 ans d’histoire et qui touche à tous les segments avec plus de 6 millions de clients au Maroc. Comment cette institution est perçue par les Marocains ?        

En effet, nous sommes la plus vieille des banques du secteur bancaire marocain puisque Attijariwafa bank est le fruit de deux banques qui ont fusionné. « Attijari » veut dire banque commerciale  en arabe et « Wafa » signifie fidélité. Les deux banques sont plus que centenaires puisque ex-Wafabank est née en 1904 et ex-Banque Commerciale du Maroc est née en 1911. Nous fêtons donc cette année 110 ans d’activités bancaires au Maroc.

Attijariwafa bank a accompagné l’évolution de l’économie marocaine car nous avons soutenu toutes les entreprises familiales marocaines durant ces 110 ans d’activité. Notez que toutes les entreprises familiales cotées à la Bourse de Casablanca étaient de très petites entreprises il y a une soixantaine d’années et ont toutes prospéré, depuis, au sein d’Attijariwafa bank. Notre banque est plus que témoin, elle a été actrice aux côtés des entrepreneurs et des « self-made men » marocains qui ont construit l’assise de l’économie nationale. C’est, en effet, une source de fierté pour les différentes générations de collaborateurs d’Attijariwafa bank. Mais c’est aussi une source de fierté pour nos clients car il s’agit d’une banque qui inspire confiance. Ils l’ont vue grandir avec eux. Ils l’ont vue les accompagner même pendant les moments les plus difficiles, quand la conjoncture économique était délicate. Attijariwafa bank a toujours répondu présent. Aujourd’hui, nos activités se sont étendues de la banque économique à la banque privée, le financement, les multinationales ou les groupes familiaux marocains avec des services très spécialisés pour chaque segment.

Pour citer un exemple, nous sommes en tête dans le secteur du crédit à la consommation au Maroc, avec Wafasalaf. Dans le crédit acquéreur immobilier, le Maroc a entrepris depuis une vingtaine d’années une politique de résorbtion du déficit de logement en particulier pour les classes moyennes et les classes à faibles revenus, en produisant des logements économiques et sociaux. Dans ce sens, le secteur bancaire marocain s’est beaucoup développé afin de se doter de la capacité pour financer des ménages désireux d’acquérir des logements acceptables à des prix abordables sur des périodes allant de 20 à 25 ans. Notre banque opère sur ce segment avec Wafa Immobilier qui est leader dans le crédit acquéreur puisque nous avons 25% du marché du crédit au logement. Il en est de même avec Wafabail pour le leasing et Wafa Assurance pour la bancassurance. Nous sommes donc leaders sur tous les grands segments du marché financier.

 

Quelle place occupe Attijariwafa bank sur le segment de la bancassurance ?

Wafa Assurance existait depuis un certain temps et était la sixième compagnie il y a dix ans. Il y a ensuite eu une fusion et acquisition et maintenant Attijariwafa bank est la maison mère de la compagnie. C’est à partir de 2006 que nous avons entamé un programme offensif pour développer la bancassurance avec la synergie entre notre compagnie d’assurance d’un côté, et le réseau de distribution de la banque. Wafa Assurance est donc une compagnie différente, complètement indépendante et elle est cotée à la Bourse de Casablanca. Elle est contrôlée à 80% par Attijariwafa bank. Aujourd’hui Wafa Assurance est leader sur le marché. Ceci a permis de développer la bancassurance au Maroc et de mobiliser de plus en plus l’épargne longue pour financer les projets d’investissement. Chaque année, nous lançons de nouveaux produits et des services pour les particuliers, les très petites entreprises (TPE), les PME, les grands groupes, c’est cette capacité d’innovation qui est certainement reconnue par nos clients, et c’est une source de satisfaction.

Quelle est dans ce sens le rôle d’Attijariwafa bank dans un segment aussi crucial que les PME et les TPE dans un contexte de relance industrielle du pays ?

Il y a quelques mois nous avons placé des panneaux publicitaires dans toutes les grandes villes du royaume à la veille du lancement de la nouvelle stratégie industrielle, présentée par Monsieur Moulay Hafid El Alamy, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies. C`était une campagne très offensive et très ciblée dans laquelle Attijariwafa bank s’engage à financer 20.000 TPE en allouant 5 milliards de Dirhams pour une période minimum d’un an. Nos équipes travaillent déjà sur le terrain depuis le lancement de cette campagne. Depuis, nous avons traité plusieurs dossiers de crédits pour les TPE, ce qui prouve que nous tenons notre engagement. Parallèlement pour la PME, nous avons aussi annoncé au marché que nous allons attribuer une enveloppe de crédits additionnels pour les PME pour 10 milliards de Dirhams. C’est la première fois sur le marché marocain qu’une banque consacre 15 milliards de Dirhams pour relancer la TPE et la PME. Cela fait partie de notre ADN. Nous sommes le leader du financement de l’économie car nous détenons 27% de part de marché, dans un secteur qui compte 16 banques commerciales au Maroc.

Un domaine important au Maroc c’est le développement des énergies renouvelables qui est un des grands projets du pays sur le long terme. Quelle est l’implication d’Attijariwafa bank dans ce vaste programme?

Effectivement, ce programme est une source d’inspiration pour nous et une opportunité pour Attijariwafa bank. La stratégie des énergies renouvelables constitue pour Attijariwafa bank une source importante d’opportunités. D’autant plus que comme vous le savez, à l’horizon 2020, le Maroc s’est fixé un objectif très ambitieux, afin de produire 40% du mix énergétique en provenance d’énergies renouvelables. Le pays doit donc installer 4000 mégawatts d’ici 2020. Attijariwafa bank a été derrière les premiers projets de financement d’éoliennes, et pour tous les projets éoliens qui ont été engagés, nous avons créé un syndicat pour accompagner le financement de ces projets. Il est important de souligner qu’en Afrique et en particulier en Afrique subsaharienne, il y a un problème de sous capacité électrique. Mais il y a une prise de conscience, le Maroc a anticipé le problème en adoptant des stratégies périodiques, qui ont permis de satisfaire et d’anticiper la demande à venir. Le Maroc a mis sur pied de bons projets, équilibrés financièrement, avec un taux de rendement, extrêmement intéressant. Ce qui a incité des opérateurs privés à soumissionner à des concessions dans le cadre d’appels d’offres internationaux. Le secteur bancaire marocain était prêt à accompagner les banques internationales. Par conséquent, les énergies renouvelables ont été vraiment une réelle opportunité et Attijariwafa bank a participé leur expansion.

Quelle est votre position globale actuellement en Afrique de l’ouest ?

Après la fusion, nous sommes devenus banque leader au Maroc et lorsque vous atteignez ce niveau de croissance, il est tout à fait normal d’aller chercher des relais ailleurs. Pour nous, chercher la croissance ailleurs consiste à partager notre expérience de réussite au Maroc depuis 110 ans pour aider au développement des pays de l’Afrique subsaharienne. Ces pays connaissent les mêmes problématiques que celles que nous avons traversées. Au niveau du secteur bancaire, le Maroc a une longueur d’avance. Attijariwafa bank a la capacité d’implémenter son système bancaire tout en adaptant ses méthodes de travail localement. Attijariwafa bank est actuellement présente dans 8 pays de l’UEMOA et dans 6 pays de la CEMAC soit 14 pays au total. L’Afrique est en effet une autoroute de croissance avec des taux de bancarisation qui oscillent entre 2% et 8%, au Maroc, aujourd’hui, nous avons dépassé 60%, il y a donc un long chemin de croissance à parcourir.

Quelle approche adoptez-vous pour unifier vos implantations au sein de l’Afrique ? Cela va-t-il jusqu’à adopter la même marque pour toutes vos filiales bancaires ?

S’agissant de la marque nous nous adaptons selon les cas. Nous laissons toujours le soin à nos collègues du pays de choisir. Nous n’avons jamais imposé notre loi. Par exemple, au Sénégal, il a été choisi de capitaliser sur la marque CBAO alors qu’en Tunisie il a été choisi d’adopter la marque Attijari bank Tunisie.

S’agissant des SI et des process, nous avons mis en place un Global Banking et des procédures qui uniformisent les pratiques au niveau de toutes nos filiales. Nous avons donc un modèle éprouvé que l’on applique à toutes les filiales et c’est ce qui nous permet de nous développer rapidement et faire d’Attijariwafa bank, la première banque panafricaine en dehors des banques sud-africaines. Hormis l’Afrique du Sud, nous sommes devenus aujourd’hui le premier Groupe bancaire financier panafricain que ce soit par la taille du bilan, la taille des fonds propres ou la taille du réseau bancaire. S’agissant du réseau, nous sommes premier au niveau du continent africain, avec plus de 3200 agences, et ce, tenant compte des banques sud-africaines.

Cette expansion africaine arrive à un moment de grandes opportunités pour le secteur financier marocain pour Attijariwafa bank étant donné l’explosion économique de l’Afrique subsaharienne ?

Nous sommes passés d’un afro-pessimisme total, il y a une dizaine d’années, à un afro-optimisme exagéré. La vérité est à mi-chemin. Aujourd’hui, ce que je peux vous dire c’est qu’Attijariwafa bank a investi très fort en Afrique subsaharienne, et si nous faisons le bilan, durant les 7 dernières années, nous sommes très satisfaits. La présence des banques marocaines peut aider au développement de ces pays puisque nous sommes en mesure de mobiliser aujourd’hui des financements à des prix très intéressants.

Vous êtes à la norme de Bâle III, est-ce un avantage compétitif pour votre expansion africaine?

Bâle III a beaucoup aidé et même la Banque Centrale marocaine l’exige. Il faut que nous observions les règles de Bâle III, même si ces pays de présence n’appliquent pas tous les règles de Bâle III, ni même celles de Bâle II. En tant que maison mère, Attijariwafa bank nous offrons cette garantie qui nous permet de mobiliser aujourd’hui des financements internationaux à des prix très intéressants et très compétitifs. Grâce à notre signature et à nos implantations, nous pouvons amener à nos filiales africaines, du financement pour leurs PME, les grandes entreprises et les multinationales opérant en Afrique. C’est en effet un sujet extrêmement important que vous avez soulevé car grâce au respect de ces règles internationales par chacune de nos filiales, nous pouvons offrir pratiquement la même palette de produits et de services que la maison mère.

Attijariwafa bank est une institution financière de plus en plus à vocation globale, vous avez signé des accords très importants avec Deutsch Bank récemment, avec des banques françaises, et avec la BPI France pour le développement des crédits PME. Que représentent pour l’avenir d’Attijariwafa bank tous ces grands accords en dehors de l’Afrique ?

Nous avons toujours été en Europe, bien avant l’Afrique, mais à travers des bureaux de représentation afin d’être le trait d’union entre nos concitoyens marocains qui travaillent en Europe et de leur offrir des produits de transfert d’argent, et d’épargne. En 2007, nous avons approché la Banque de France et avons transformé nos bureaux de représentation en une filiale bancaire, créant Attijariwafa bank Europe doté d’un passeport européen. Aujourd’hui, nous comptons 70 succursales dans 7 pays européens. Attijariwafa bank Europe est aujourd’hui la tête de pont du Groupe Attijariwafa bank en Europe et la clef dans le financement du commerce extérieur. L’U.E est notre premier partenaire commercial et le demeurera pour longtemps. Par ailleurs, Attijariwafa bank Europe a développé une activité de banque de détail en faveur des Marocains installés en Europe. Hormis leur compte dans une banque Européenne, ces derniers souhaitent avoir un deuxième compte dans leur banque du pays d’origine. Et ce modèle qui a bien fonctionné entre le Maroc et l’Europe, nous l’avons étendu à toutes nos filiales africaines. Mais, au-delà, il fallait bâtir des alliances stratégiques pour compléter notre dispositif international. Nous avons démarré par la Chine, il y a une dizaine d’années au moment où les flux Chine-Afrique étaient aux alentours de dix milliards de dollars. A fin 2013, ils frôlent 200 milliards de dollars. Au terme des négociations, nous avons bâti une alliance stratégique avec Bank of China. Nous sommes leur partenaire en Afrique. Nous leur ouvrons notre réseau bancaire africain, et eux, nous ouvrent leur réseau bancaire en Chine. Deuxième élément important, nous avons scellé une alliance avec la Banque Postale car elle compte 18 000 points de vente en France, et parce que la première communauté d’immigration marocaine se trouve en France. Cet accord aide à la bi-bancarisation de ces communautés d’immigrés en France et nous l’avons étendu aux ressortissants tunisiens. Et finalement nous avons scellé un accord très stratégique avec Deutsche Bank qui n’est pas présente en Afrique. C’est un accord « worldwide » pour tout ce qui relève des activités corporate et de banques transactionnelles.

Attijariwafa bank peut être donc considérée un véritable Hub ?

C’est en effet à travers des acteurs comme Attijariwafa bank que le concept de Hub se concrétise. Nous accompagnons des investisseurs qui viennent avec leur argent, leur technologie, leurs moyens, dans les pays africains où ils développent leur business, et nous contractons des transactions pour leur compte, localement et à l’échelon international. Pour Attijariwafa bank, un client à Ouagadougou qui rentre dans une agence Attijariwafa bank ne doit pas ressentir la différence entre son agence à Ouagadougou et une agence de Deutsche Bank ou de BNP Paribas en Europe. Il a droit à la même qualité de service. Voilà, telle est notre vision.

Quelle est la perception d’Attijariwafa bank auprès des grandes places financières mondiales : Londres, Paris, New York ?

En toute modestie, depuis que nous avons entamé notre stratégie africaine, Attijariwafa bank est sur les radars des grandes banques internationales et des gros corporates internationaux qui portent un intérêt pour l’Afrique. Nous sommes vraiment approchés et sollicités comme porte d’entrée de la part des grands groupes internationaux, et par des investisseurs qui cherchent des opportunités et des alliances stratégiques. Cela est une source de satisfaction pour toutes nos équipes, et pour l’ensemble du Groupe qui opère déjà dans 23 pays. Dans ce sens, je crois que des acteurs marocains comme nous, peuvent contribuer dans le domaine de la banque et de la finance pour faire de Casablanca, avec des projets comme Casablanca Finance City un réel hub régional, un trait d’union entre le Moyen-Orient, l’Asie, l’Europe, les Amériques et l’Afrique subsaharienne.

Comment le groupe Attijariwafa bank envisage sa politique de responsabilité sociale? 

Nous avons la chance d’avoir baigné depuis toujours dans une culture responsabilité sociale. Nous avons fait de la responsabilité sociale, sans le savoir, depuis des décennies. Les gens qui nous ont formés à la banque, nos prédécesseurs, les anciens présidents d’Attijariwafa bank, que ce soit du côté de la Banque Commerciale du Maroc ou de l’ex-Wafabank, étaient trés engagés sur le plan social. Cela fait partie de l’ADN du Groupe. Nous disposons d’une Fondation qui est très active depuis plusieurs décennies dans le domaine de la promotion de l’art et de la culture. Ce n’est pas pour rien que nous avons aujourd’hui la plus riche collection privée de tableaux de peintures au Maroc. Ainsi, sur le plan du mécénat, nous sommes devenus la référence en la matière. De même, nous accompagnons le grand défi du Maroc qu’est l’éducation de nos enfants. Nous venons de lancer une opération pilote de 40 crèches dans des quartiers défavorisés, à la périphérie de Casablanca. Les enfants de 3 ans à 6 ans dont les parents sont extrêmement démunis seront pris en charge. Et nous participons aussi d’une manière très active au financement d’un certain nombre de fondations qui sont engagées dans des projets générateurs d’activité, ou dans l’aide aux femmes démunies et aux enfants malades. La Fondation Attijariwafa bank a pour également pour ambition d’être un acteur indépendant dans le débat public autour de problématiques économiques, sociales et sociétales. C’est-à-dire il y a un comité scientifique qui sélectionne un certain nombre de thèmes qui sont une préoccupation pour le Maroc d’aujourd’hui et de demain, et nous amenons des experts de différents horizons avec des opinions parfois divergentes pour qu’ils débattent de ces sujets-là. Cela donne lieu à des cahiers de la Fondation qui contribuent à la production intellectuelle dans différents domaines. La liste des actions de la Fondation est longue mais je conclurai en disant que nous finançons des chaires de recherche avec la plus grande école de commerce marocaine, l’ISCAE et l’Université Hassan II, toutes deux à Casablanca.

Quel dernier message souhaitez-vous passer à nos lecteurs francophones ?

Je crois que dans un contexte régional fortement perturbé, le Maroc a démontré depuis 2008 une grande capacité de résilience et une très forte stabilité après le printemps arabe. Cette stabilité politique et sociale, le maintien d’une croissance économique positive tout comme sa notation auprès des grandes maisons de rating : Standard and Poor’s, Fitch et Moody’s, Investment Grade sont le fruit de tous les efforts engagés par le Maroc depuis plusieurs décennies.