Lhou Marbouh, Président, Fédération de l’Industrie Minérale (FDIM)

Lhou Marbouh, Président, Fédération de l’Industrie Minérale (FDIM)

Le secteur minier est important au Maroc mais il demeure peut-être sous-exploité. La cartographie minière actuelle ne représente que 30% de la totalité du sol marocain, beaucoup de surfaces et de sous-sols restent à explorer. En tant que président de la FDIM (Fédération de l’Industrie minérale) comment présenteriez-vous le secteur minier marocain?

 Le Maroc est un pays minier depuis des siècles. La découverte de substances minérales ne date pas d’aujourd’hui puisque le Maroc a connu une apogée non seulement minière (extraction et valorisation des matières premières) mais aussi métallurgique, entre le IXème et XIIème siècle, sous la dynastie des almohades.

J’ai dirigé une mine dans l’Atlas au centre du pays, et grâce aux travaux de l’université de Bordeaux, nous avons réussi à situer dans le temps les vestiges d’une exploitation minière métallurgique dans la région. Le territoire marocain est empli de vestiges qui témoignent du rayonnement important de la mine et de la métallurgie depuis une époque ancienne, pour plusieurs métaux de base et métaux précieux . Historiquement, le Maroc est un pays minier; cette spécificité se perpétue.

Au siècle dernier, l’exploration et l’exploitation minières constituaient une activité florissante qui perdure et se renforce, avec l’utilisation des nouvelles technologies de valorisation et des méthodes d’extraction de plus en plus mécanisées.

Comme vous le disiez tout à l’heure, effectivement le Maroc reste un pays minier avec un potentiel important. Auparavant, à part quelques exceptions, nous nous sommes cantonnés à l’exploitation de gîtes apparents c’est-à-dire des gisements qui affleurent en surface. Depuis, nous avons amorcé une politique d’exploration plus en profondeur des gisements mais, malheureusement, nous accusons un certain retard en ce domaine. Néanmoins, comme l’assurent les géologues , le potentiel est là.

Dorénavant, nous devons rechercher des gîtes cachés, c’est-à-dire ceux qui n’affleurent pas. Pour que vous compreniez bien, la prospection minière repose sur deux alternatives : soit le gisement est visible et nous passons aussitôt à l’étape de certification des réserves , d’évaluation économique et puis d’exploitation si le gisement est économiquement exploitable , soit il n’est pas affleurant, et là s’engage un processus de recherches et d’études géologiques dans une région donnée. Ce que vous avez dit tout à l’heure est extrêmement important, achever ou du moins accélérer l’infrastructure géologique du pays est une condition sine qua none pour vraiment aller de l’avant et développer d’une façon significative le secteur minier au Maroc. Comme vous l’avez dit, seulement 30 à 35% de la cartographie géologique est réalisée; et seulement 8% en termes de géochimie. Le potentiel qui reste à découvrir peut etre extremement important.

 Le potentiel est extraordinaire…

Absolument. Sur le plan “macro-géologique”, la géologie marocaine est une géologie favorable.

Favorable signifie une extraction facile?

Non, favorable géologiquement. La nature même du territoire marocain est favorable à la genèse de gisements.

Pour détenir une telle diversité de minéraux y-a-t-il des éléments confluents ?

Sur la planète Terre, il y a des territoires où la géologie est monotone et basique ou il ya très peu de chances d’existence de minerais ; et il ya des territoires qui ont connu une activité géologique intense susceptible de donner lieu à des gisements de divers minerais .

Est-ce pour ces raisons que le Maroc est leader en phosphates ?

Un autre facteur intervient : les quatre chaînes de montagnes ont eu un impact sur la formation de gisements. Pour que ces montagnes (le Rif, le Haut Atlas, le Moyen Atlas et l’Anti-Atlas) se forment, l’activité géologique a été très intense…

Au Maroc, on a des couches géologiques provenant pratiquement de tous les ages géologiques de l’Archéen au quaternaire. On a donc toutes les formations géologiques, ce qui multiplie los chances de découvrir des gisements.

Je pense, et je ne suis pas le seul, que le secteur minier aujourd’hui est un vecteur de développement économique et social au Maroc. Les minerais se situent dans les montagnes, dans des régions enclavées, des régions vierges sur le plan d’infrastructures sociales. Nous le voyons bien aujourd’hui, chaque fois qu’une activité minière s’implante dans une région, qu’il s’agisse de l’exploitation d’un gisement ou de recherche, automatiquement, cela se répercute non seulement sur le niveau de vie de la population mais aussi sur la création d’infrastructures sociales. Dans ces régions très rurales ou montagnardes, le secteur minier se substitue quelque peu à l’Etat en contribuant à la mise en place d’infrastructures, tels que la construction de routes pour accéder à la mine ou aux chantiers de recherche ou l’installation de lignes électriques et téléphoniques, etc… Suivi automatiquement par le développement du secteur social : la santé, le culturel, etc..

La FDIM est une association qui a été créée en 1940 afin de revitaliser le secteur. C’est une organisation très ancienne. Quel rôle joue-t-elle?

La constitution de la FDIM en 1940 est une preuve supplémentaire de l’ancienneté du secteur minier dans l’économie marocaine. Dans les années 1940, on était encore sous protectorat français au Centre, et sous colonisation espagnole au nord et au sud.

 Et ces associations existaient…

La FDIM ne s’appelait pas ainsi à l’époque. Il y a eu plusieurs appellations avant de devenir celle de FDIM, aujourd’hui. La FDIM est un membre important de la CGEM (la Confédération Générale des Entreprises du Maroc).

 Ça c’est intéressant. Il y a eu plusieurs branches.

La FDIM fait figure de précurseur. Son existence avant meme l’indépendance a entraîné la naissance d’autres Associations et fédérations professionnelles pour aboutir aujourd’hui à la CGEM dont la FDIM est naturellement membre actif. Le secteur minier est très particulier. Son développement était envisageable seulement si nous démontrions notre capacité à nous rassembler et constituer une réelle force de proposition face aux pouvoirs publics. D’où la création d’une fédération. A cela, s’ajoute une autre donnée : c’est un secteur où la solidarité entre les opérateurs est non seulement une culture, mais une nécessité. Il y a toujours eu une solidarité entre les sociétés minières et les opérateurs parce qu’ils ont besoin d’échanger et de s’entraider du fait que leur travail dépend directement de la nature…Ce n’est ni une usine ni une manufacture… Le secteur minier requière de la coopération et de la solidarité morale et technique entre les acteurs. Pour que le secteur se développe, nous devons nous faire entendre d’une seule voix. Il est impensable qu’un gouvernement, quel qu’il soit, établisse des règlements ou des lois efficaces, sans la concertation des opérateurs miniers. Nous nous impliquons également dans le travail de promotion du secteur dans son ensemble, plus particulièrement au niveau de l’image de notre activité, encore souvent mal perçue.

Assez souvent, pas seulement au Maroc , on pense que les opérateurs miniers exploitent les richesses d’un pays. C’est faux. Loin des clichés liés au minerai d’or et aux spéculations boursières qui en découlent, l’investissement minier suppose de l’audace et une vision à très long terme. Il faut des années d’exploration, de recherches, d’études techniques et à fond perdu avant qu’un gisement ne devienne économiquement exploitable . Si vous investissez dans une usine, vous établissez un business plan qui évalue les recettes, les coûts et les bénéfices à venir. Par contre, si vous investissez dans une mine, entre le temps des études d’exploitation, les fluctuations des cours mondiaux, les aléas structurels puisque nous travaillons avec la nature qui réserve toujours son lot d’imprévus, les coûts d’exploitation revus à la hausse et le décalage entre le niveau de formation des ressources humaines et les évolutions technologiques, Vous devez tout le temps corriger et vous adapter C’est un métier très difficile et passionnant. Mais quand il est bien exercé il est rentable

 C’est un métier aventurier…

Absolument. Avec les fluctuations des cours mondiaux et les aléas de la nature , c’est un metier très difficile . Mais il y a l’art et le management spécifique de ce metier

 Vous souhaitez modifier cette perception …

Tout à fait. Je souhaite changer l’image économique mais aussi l’image sociale. Le Secteur minier n’est pas un secteur rentier , c’est un secteur ou on est en permanence face à la nature et aux conjonctures économiques mondiales avec des fluctuations qui peuvent etre fatales

Le travail quotidien du mineur est perçu comme un travail extrêmement dangereux . Aujourd’hui, nous recensons quelques accidents mortels par an ( ce qui est toujours regrettable ) alors que le secteur des travaux publics et le bâtiment en comptent plusieurs centaines . Et pourtant, un accident tragique dans une mine fera toujours la une de la presse écrite et audio visuelle et fera le tour du monde.

Donc, la FDIM aide à corriger cette perception…

A cause de cette perception réductrice, il n’y a presque plus de mines en Europe Occidentale aujourd’hui. En plus de l’argument de la pollution qui a beaucoup contribué à renforcer les idées préconçues sur le secteur minier. Oui, la FDIM a un rôle important pour corriger cette perception mais nous travaillons aussi beaucoup sur les ressources humaines. Avec les pouvoirs publics, nous veillons à ce que la qualité de la formation professionnelle réponde à la demande des compétences requises. Nous avons créé- en cogestion avec les pouvoirs publics- notre propre fonds de formation professionnelle inter-entreprises minières, ce qui fait figure d’exception par rapport à ce qui existe pour les autres industries.

 Quelle est la vision de la FDIM sur les cas actuels de partenariat entre les opérateurs miniers et les investisseurs nationaux et internationaux dans le secteur des mines? Est-ce qu’il y a un équilibre? Bien sûr, il y a un gros potentiel, vous avez fait mention de ce chiffre: à ce jour, 30% de gisements géologiques sont repérés. Quel est l’avis de la FDIM? Quelle est votre politique pour attirer les investisseurs et développer le secteur minier au Maroc? D’ailleurs, une nouvelle loi a été votée par le parlement aujourd’hui.

Elle n’a pas été votée…Je suis parlementaire et je n’ai pas encore voté. Elle est passée au Conseil de gouvernement, mais on va en parler tout à l’heure.

 Le groupe Managem ?

Oui, Managem, mais aussi la Compagnie Minière de Touissit (CMT). Il y a aussi l’ONHYM, qui fait partie bien sûr de la fédération, et dont la politique, sur instruction de l’Etat bien entendu, a changé depuis une vingtaine d’années. L’ONHYM est devenu un prospecteur de l’Etat : il developpe des projets qu’il amène à maturation, et participe à la démarche promotionnelle et commerciale en partenariat avec les investisseurs nationaux et étrangers. Oui, nous pouvons parler d’une politique d’ouverture à la recherche d’investisseurs nationaux et étrangers.

Aujourd’hui, la fédération pense que compte tenu du potentiel et de la nécessité absolue de couvrir tout le territoire, les efforts doivent être multipliés. Managem, la CMT, l’ONHYM s’y emploient. Néanmoins, pour donner un coup d’accélérateur au secteur minier, nous avons aussi besoin d’investisseurs étrangers.

Ils ont de grands moyens…

Non seulement les grands moyens, mais aussi l’expérience. Il nous faut échanger.

 Grosso modo, maintenant les conditions sont plus favorables?

Globalement, les conditions du Maroc sont meilleures pour attirer les investisseurs étrangers, et les chiffres sont là pour le prouver. Nous sommes aujourd’hui destinataires d’IDE très importants. Mais le secteur minier doit poursuivre ses efforts pour attirer les investisseurs étrangers. Il y en a déjà. Par exemple, la mine d’étain d’Achmmach (à côté de Meknès) peut démarrer grâce à l’investissement de partenaires australien et japonais.

Nous avons aussi des canadiens, avec Maya qui opère sur un gisement d’argent dans le sud-ouest. Et puis, nous avons ces 3-4 dernières années une affluence des pays asiatiques, pour deux raisons. La première (c’est ce qu’on a dit tout à l’heure): la stabilité politique attire les investisseurs. La deuxième étant que les pays asiatiques, principalement la Chine et l’Inde, sont en quête de matières premières et ce, pour deux raisons différentes. La Chine veut accaparer le maximum de matières premières en visant le long terme. Et l’Inde, par réaction à cela veut assurer son approvisionnement en matières premières.

C’est une opportunité dont pourrait bénéficier le Maroc, ça boosterait les investissements dans le secteur…

Absolument! C’est une opportunité, mais je ne peux m’empêcher de faire une remarque personnelle. Je vais faire un parallèle avec l’Europe, c’est extrêmement important. Je suis opérateur minier et président de la fédération, je suis vice-président de l’Assemblée Parlementaire de la Méditerranée, et plus particulièrement président de sa commission économique. J’ai eu l’occasion de débattre des différents problèmes économiques du bassin méditerranéen dont celui des matières premières. L’Europe commence seulement à prendre conscience du problème : elle souffre d’un manque certain de matières premières depuis qu’elle a progressivement fermé ses mines sous prétexte de ses effets polluants néfastes et de la mauvaise et fausse perception de la mine ( alors que l’Europe s’est construite au départ sur le charbon et l’acier c’est-à-dire le fer ). Les pays européens se rendent compte de leur erreur stratégique seulement maintenant. Aujourd’hui, les matières premières sont un enjeu énorme.

 Elles l’ont toujours été…

Oui, je suis d’accord avec vous. Et c’est le point faible de l’Europe. Si l’Europe ne réagit pas, elle risque d’être dépendante de la Chine qui leur vendra des matières premières provenant de pays situés à seulement quelques encablures de ses frontières. Tout cela pour dire, que la Chine et l’Inde investissent au Maroc dans le secteur minier mais nous souhaiterions que l’Europe le fasse également s’il n’est pas trop tard.

 Ce sont des voisins, des frères,… Que va changer cette nouvelle loi?

D’abord, depuis l’avènement de S.M. Mohamed VI, le Maroc a opéré une mise à niveau de toutes les lois qui régissent pratiquement tous les secteurs de l’économie, afin de les actualiser, les adapter à la mondialisation et à l’évolution technologique… La nouvelle législation minière sera l’une des dernières étapes de ce grand chantier de Sa Majesté Mohammed IV . Il est temps que la législation minière soit actualisée. On a travaillé dessus en collaboration avec le ministère chargé des mines.

Au début, nous aurions souhaité instaurer un code minier à l’instar de celui des hydrocarbures par exemple avec toutes les dispositions necessaires pour encourager la recherche et l’exploitation minière.

Aujourd’hui, le gouvernement ne souscrit plus à la constitution de codes ; il préfère parler de lois. Avant l’ONHYM, l’ONAREP avait le monopole de la recherche pétrolière. Aujourd’hui, 34 firmes internationales y participent. Ce n’est pas un hasard, c’est parce qu’on a mis en place un code, avec des dispositions très encourageantes .

La loi sur les mines est passée aujourd’hui au Conseil du gouvernement et non au Conseil des ministres. Selon la nouvelle constitution, seules les lois organiques passent au Conseil des ministres présidé par Sa Majesté. Puisque cette loi a été approuvée au conseil du gouvernement, elle fait partie des priorités parlementaires. On espère pouvoir la voter en 2015. Ce texte de loi encadre toutes les problématiques et les demandes de notre secteur. Outre l’actualisation de nombres de dispositions, il favorise également les investissements avec “les zones d’exploration”. Jusqu’à maintenant, les permis miniers n’étaient accordés que pour des surfaces réduites (4 km par 4). Après la promulgation de cette loi, les permis seront accordés pour des zones d’exploration beaucoup plus grandes pouvant atteindre 600 km², voire plus si l’opérateur obtient plusieurs permis.

Des technologies, comme la géophysique aéroportée, faciliteront les prospections. A mon avis, ces deux nouveaux dispositifs vont attirer les investisseurs de grandes firmes internationales.

Le deuxième volet, c’est l’environnement. Aujourd’hui, le secteur minier adhère bien volontiers au développement durable, mais maintenant il sera soumis à une législation qui prendra en compte l’impact environnemental. Il y a également quelque chose de très important pour les investisseurs, c’est la durée des permis d’exploitation. Jusqu’à maintenant, le permis d’exploitation est renouvelable tous les 4 ans. Il n’y a jamais eu de grands problèmes. Mais, pour un investisseur étranger qui ne connait pas le pays cela peut etre un facteur de découragement

 Pour la sécurité juridique…

Voilà, absolument! Dorénavant, la loi prévoit des permis d’exploitation d’une durée de 10 ans, renouvelables automatiquement jusqu’à épuisement du gisement. C’est un facteur extrêmement important.

 Ça va certainement favoriser les investissements étrangers?

La durée de 10 ans n’est pas un hasard. Elle correspond à la durée de l’amortissement des investissements en phase d’exploitation.

De plus, le nombre de permis ne sera plus sera limité et dépendra des capacités techniques et financières des opérateurs . Toutes les substances seront réunies en un seul titre minier, là aussi c’est très important. Ce projet de loi s’attache également aux minéraux industriels. Outre les métaux de base ou les métaux précieux, beaucoup de substances minérales dites “substances utiles” . La loi favorise le développement de ces substances dont le Maroc dispose en grande quantité.

 Notre rôle est d’informer les investisseurs francophones des nouveautés du secteur minier au Maroc.

Sur quels gisements de minéraux avez-vous l’intention de vous focaliser? Par exemple, le secteur des énergies renouvelables se développe beaucoup au Maroc. Un certain nombre de minéraux entrent dans la production des énergies renouvelables. Est-ce qu’il y a là un nouveau créneau de croissance pour attirer les investisseurs?

Un exemple : La silice est utilisée dans les énergies renouvelables. Je pense que le Maroc doit en disposer, il faut chercher. En Mauritanie, il y a un très grand gisement de silice probablement pris par la Russie. Dans les provinces du sud du Maroc, le Sahara marocain, il doit y en avoir aussi parce que c’est la même province métallo génique.

 On a d’ailleurs interviewé Mme Benkhadra…

Mme Benkhadra a du vous en parler plus en détail

 Voyez-vous d’autres minéraux sur lesquels il faudrait développer les investissements?

Tous les métaux et minéraux sont susceptibles d’intéresser les investisseurs

 Par exemple, il y a une grande demande en cuivre. Est-ce que le minerai de cuivre serait plus prisé ?

Je vois ce que vous voulez dire . Oui, le cuivre peut constituer un axe. Aujourd’hui, les pays d’Asie dont j’ai parlé se focalisent spécialement sur le cuivre, le fer , le manganèse, la fluorine, …

Quel dernier message donneriez-vous aux 12,5 millions de lecteurs francophones qui vont lire notre reportage?

On est tous convaincus que l’enjeu des matières premières est majeur. La population de la planète augmente, le niveau de vie aussi. En conséquence, la consommation des matières premières ne fera qu’augmenter alors que les capacités d’approvisionnement de la planète ne sont pas infinies. Il faut avoir une vision à moyen et à long termes. Les enjeux des matières premières sont aussi géostratégiques. J’ai parlé de la Russie, de la Chine, etc. Donc, le message c’est que l’Europe , notre partenaire important devrait s’intéresser aux matières premières. Le Maroc est un pont. Lui-même est un pays minier où il y a encore un savoir-faire minier. Si on avait suivi l’Europe, nous serions dans une situation différente. Nous favorisons l’innovation technologique et la meilleure valorisation possible des minerais. Par exemple, de vraies technologies de valorisation du cobalt et d’autres métaux sont développées au sein d’un complexe à Marrakech. Donc, le Maroc peut être non seulement un pays d’investissement minier, mais aussi un hub, comme vous dites, un pont vers l’Afrique. Le Maroc est déjà présent en Afrique, mais il projette d’aller plus loin. Nous souhaiterions constituer un véritable partenariat avec les pays européens à propos des matières premières sinon ce sont d’autres qui prendront la place.