La success story du secteur aéronautique

La success story du secteur aéronautique

Le secteur aéronautique marocain est l’une des success stories les plus spectaculaires de la nouvelle politique industrielle engagée il y a une dizaine d’années sous le label Emergence, visant à doter le Maroc de “clusters” industriels.
Aujourd’hui, selon le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), ce secteur représente 5% des exportations, emploie 11 000 personnes et rassemble 106 entreprises. Mieux, depuis trois ans, le chiffre d’affaires à l’export progresse en moyenne de 20% par an et atteignait 1,2 milliard de dirhams (111 millions d’euros) à la fin 2014.
Le secteur a aussi attiré les poids lourds du secteur : l’Américain Boeing, le Canadien Bombardier et les Français Safran et Aerolia (filiale d’Airbus), pour n’en citer que quelques uns, ont tous investi dans l’aéronautique marocaine.

“Une base compétitive”
“Aujourd’hui le Maroc est reconnu comme une base, probablement la plus compétitive dans le prolongement naturel de l’Europe, comme l’est le Mexique pour les Etats-Unis,” explique Hamid Benbrahim El-Andaloussi, Délégué général du groupe Safran au Maroc et Président du GIMAS. “Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase qui est tout à fait en cohérence avec la politique marocaine d’accélération industrielle et de développement d’écosystèmes compétitifs. Le secteur aéronautique a devant lui une décennie de forte croissance en raison de la très forte demande d’avions nouveaux et du besoin de remplacer les appareils obsolètes. Cette tendance représente bien entendu une opportunité stratégique de croissance pour le pôle marocain.”
Tout ceci explique que le secteur aéronautique marocain entre désormais dans une deuxième phase de développement. Celle-ci “se caractérise par l’ouverture de nouveaux marchés comme les marchés américain, canadien, anglais et allemand, alors qu’historiquement nous ne travaillions qu’avec les constructeurs français,” ajoute M. El-Andaloussi. “Elle se traduit aussi par l’arrivée de nouveaux métiers et de nouvelles technologies dans l’aéronautique et les industries connexes telles que la sécurité, la défense, l’électronique, les matériaux composites, la recherche médicale, l’ingénierie et la recherche technologique. Notre ambition d’ici à 2020 est d’au moins doubler la taille du secteur aéronautique et des industries qui y sont liées afin que le Maroc devienne une véritable référence dans le domaine des hautes technologies liées à l’aéronautique. Ceci s’accomplira dans le cadre du pôle Nouaceur, grâce à l’offre de Midparc et à la qualité des ressources formées par l’Institut des Métiers de l’Aéronautique.”

L’attrait du pôle de Nouaceur
La base de Nouaceur, près de l’aéroport de Casablanca, a été créée par les autorités marocaines afin de rassembler en un seul site les grands industriels du secteur et leur cohorte de sous-traitants locaux. C’est là que se trouve la zone libre de Midparc, ouverte en 2013 pour un investissement global de 900 millions de dirham (environ 80,6 millions d’euros). De fait, Aerolia et Bombardier ont tous deux cité Midparc comme étant l’un des facteurs déterminants dans leur choix du Maroc face à d’autres destinations possibles dans la région.
Les sociétés basées à Midparc sont exemptées d’impôts pendant les cinq premières années et imposées à un taux réduit de 8,75% pour les 25 années suivantes. Elles sont également exemptées de TVA et il n’y a pas de restriction au rapatriement des profits générés par l’export.
Un autre attrait important de Nouaceur est la présence d’un institut de formation ad hoc, l’Institut des Métiers de l’Aéronautique (IMA), ouvert en 2011, qui accueille quelque 600 stagiaires par an. Ses jeunes diplômés sont si prisés et les besoins dans le secteur si importants que l’IMA vient d’annoncer un programme de 19,5 millions de dirhams (1,8 millions d’euros) pour accroître sa capacité d’accueil.
Fort de ces succès, de sa compétitivité, de sa proximité avec le marché européen et de l’essor de la demande à l’échelle mondiale, le secteur aéronautique marocain vise haut. Le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, instigateur de la stratégie qui a déjà tant réussi, souhaite maintenant que le Maroc franchisse l’étape suivante et soit “capable de construire des avions complets dans les dix prochaines années”.