La bourse de Casablanca prend sa place

La bourse de Casablanca prend sa place

« La bourse de Casablanca est la plus importante en Afrique du nord et de l’ouest. Elle joue un rôle clé pour la région. Avec 74 entreprises cotées qui opèrent dans la plupart des secteurs de notre économie très diversifiée – 21 secteurs y sont représentés– elle finance une part importante de notre économie, » déclare le directeur général de la bourse de Casablanca, Karim Hajji.

En 2014, la bourse de Casablanca a enregistré la neuvième meilleure performance en Afrique avec une croissance de 5,5%, selon les chiffres publiés par l’agence Ecofin en janvier 2015. Selon ce bilan, Casablanca figurait en 2014 au quatrième rang des places africaines par la capitalisation derrière Johannesburg (Afrique du Sud), Le Caire (Egypte) et Lagos (Nigeria). Elle a depuis dépassé Lagos.

Plus récemment, en mars 2015, les indicateurs révélaient une croissance de 8,2% depuis le début de l’année. Et selon les analystes cités dans la presse locale, le marché financier marocain pourrait profiter de l’intérêt des investisseurs pour Casablanca Finance City.

A noter également : la bourse de Casablanca a signé l’année dernière un accord avec la bourse de Londres, la première place financière internationale. « Londres peut nous aider à drainer des investisseurs spécialisés sur les pays émergents et à mettre en place de nouveaux produits, » commente M. Hajji. « Londres peut aussi nous aider à coter les entreprises qui sont trop importantes par rapport au pool de liquidités de Casablanca mais qui pourraient bénéficier de l’accord entre nos deux places. »

Accroître les liquidités

Reste que le volume de transactions enregistré en 2014 demeure inférieur à ceux des années 2006-2007, qui avaient été dopés par une vingtaine d’introductions en bourse. « L’un de nos principaux objectifs est d’améliorer la liquidité, qui reste inférieure à ce que nous souhaitons, » explique M. Hajji. « Nos investisseurs sont à 70-80% des institutionnels et nous n’avons pas assez de personnes physiques. La bourse n’est pas suffisamment connue du grand public au Maroc. Lorsqu’il y a une grosse opération, environ un millier d’investisseurs interviennent ; c’est peu comparé à beaucoup d’autres pays où les grosses opérations attirent jusqu’à 10% de la population. »

Hajji ajoute que la bourse de Casablanca mène des actions de formation et de communication auprès du public afin de « vulgariser la culture financière, ce qui est important pour développer l’actionnariat. Nous tâchons d’enseigner au public à comprendre le langage de l’argent. » Il existe également une école de la bourse « qui forme tous les ans entre 3000 et 4000 étudiants et professionnels aux marchés financiers, et nous allons créer une module de e-learning ».