Driss Benhima, PDG, Royal Air Maroc

Driss Benhima, PDG, Royal Air Maroc

Pourriez-vous nous parler du rôle croissant de la RAM sur un plan interrégional Europe – Afrique du Nord, ainsi que sa  consolidation comme compagnie de référence dans le pays MENA et dans l’Afrique subsaharienne?

M. Benhima : Royal Air Maroc adopte une stratégie en ligne avec la politique du royaume du Maroc qui s’emploie à accélérer son implantation sur la scène africaine et développe des axes de coopération dans tous les domaines, avec la quasi-totalité des pays africains. Il s’agit d’un rôle majeur d’accompagnement de l’Etat dans cette volonté à renforcer sa présence dans son milieu africain. Il faut rappeler que la compagnie est présente en Afrique depuis sa création en 1957 lorsqu’elle avait ouvert, à partir de cette année-là, la ligne régulière Casablanca-Dakar. Aujourd’hui, cette ligne figure parmi les plus dynamiques avec un trafic très dense et nous opérons entre deux à trois vols quotidiens.

Cette stratégie a conduit au renforcement de notre présence dans tout le continent et notamment en Afrique de l’Ouest. Nous desservons aujourd’hui 32 destinations africaines depuis notre hub de Casablanca qui est devenu une plateforme de correspondances incontournable entre l’Afrique et le reste du monde et le premier hub aérien africain pour les flux de transport entre le continent et l’Europe. Royal Air Maroc vit actuellement à une mutation historique en devenant une compagnie africaine au service du développement de notre continent.

Quelle est votre vision sur l’importance pour la RAM de consolider Casablanca comme son aéroport « hub » de référence?

Capitalisant sur l’emplacement géographique du Maroc en tant que hub entre l’Europe et l’Afrique et surtout sur les relations ancestrales entre le royaume et les pays du continent, Royal Air Maroc se positionne comme un acteur aérien essentiel au niveau international, en faisant de Casablanca une plateforme de correspondances incontournable entre l’Afrique et le reste du monde avec ses 32 destinations directes. Aujourd’hui, Casablanca est devenu le premier hub aérien africain pour les flux de transport entre le continent et l’Europe, ce qui facilite le rapprochement entre le Maroc et les pays africains, participant au rayonnement du pays dans le continent.

La compagnie assure le transport de 1,3 million de passagers sur les lignes africaines dont 80% en continuation. Avec 45% de son chiffre d’affaires réalisé en continuation, vers l’Afrique, Maghreb et Sud Sahara, Royal Air Maroc est fortement attachée à promouvoir les potentialités gigantesques dont regorge le continent africain qui abrite 14 % de la population mondiale mais ne représente aujourd’hui que 2% à 3 % du trafic mondial du transport aérien.

Analyse sur les différentes politiques « open skies » avec l’Europe et avec l’Afrique  et commentaires sur  l’ouverture de cieux marocains aux « low costs », ; quel impact pour la RAM, peut-on renforcer et protéger la RAM. Est-ce la RAM est capable de s’adapter aux modèles long et moyen courrier ?  Commentaires dans ce sens du renforcement de la RAM Express avec déjà 5 avions bi-turbopropulseur. 

Le Maroc est l’un des rares pays d’Afrique qui s’est engagé dans la libéralisation de ses cieux. Certes, ce choix a permis de démocratiser l’accès au transport aérien et il a multiplié, depuis l’entrée en vigueur de l’open sky, les déplacements par voie aérienne. Il a aussi incité la compagnie nationale à opérer sa mutation. Il n’empêche que l’accord signé avec l’Union européenne pour la libéralisation du ciel marocain demeure inéquitable car il est à sensu nique. Les compagnies aériennes européennes ont la liberté de desservir le Maroc alors que les compagnies marocaines n’ont pas les mêmes droits. Imaginez qu’un transporteur aérien espagnol ou français a la possibilité d’opérer des liaisons aériennes entre le Maroc et d’autres pays européens (en dehors de l’Espagne et la France) alors que Royal Air Maroc n’a pas le droit de faire de même en Europe. Elle ne peut pas ainsi effectuer des vols entre des villes européennes.

Malgré cet environnement difficile et parfois hostile, Royal Air Maroc s’adapte pour faire face à la concurrence malgré. Nous avons développé et rationnalisé notre outil de production qui présente aujourd’hui des coûts de revient compétitifs proches de ceux des lows costs tout en gardant un niveau de qualité élevé et conforme à celui des compagnies régulières. En subissant l’arrivée des Lows costs, nous avons construit un modèle qui permet de développer une activité basée sur la connexion avec les grands hubs régionaux et internationaux en exploitant au maximum ses atouts géographiques.

Nous avons développé également une flotte court-courrier de cinq appareils ATR-600 dernière génération pour promouvoir les vols domestiques. Cela s’inscrit dans nos engagements avec les pouvoirs publics pour renforcer l’attractivité touristique des différentes régions du Royaume et le développement du tourisme national.

Nous assurons 22 liaisons intérieures qui permettent de transporter plus de 800 000 passagers par an et qui permettent également de connecter plusieurs villes marocaines aux 85 destinations internationales de la compagnie.