15/12/2015, Le Maroc met Bruxelles au pied du mur (par www.leconomiste.com)

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ARRÊT DE LA COUR EUROPÉENNE: LE MAROC MET BRUXELLES AU PIED DU MUR

RABAT N’EXCLUT PAS DES REPRÉSAILLES SI LA SITUATION N’ÉVOLUE PAS

FEDERICA MOGHERINI: L’UE ÉTUDIE PLUS D’OPTIONS DONT UN RECOURS EN APPEL

Les relations avec l’Union européenne entrent dans une nouvelle zone de turbulence. Si l’arrêt de la Cour européenne de justice annulant partiellement les accords agricole et de pêche entre le Maroc et l’UE cible exclusivement le Conseil de l’Union, il suscite étonnement et beaucoup d’incompréhension chez les officiels et les opérateurs économiques au Maroc. C’est surtout sa connotation politique qui plonge à nouveau les relations avec l’Union européenne dans une tension extrême.

Après un petit moment de flottement, le ministère des Affaires étrangères a réagi dans un communiqué: «Le Royaume du Maroc s’interroge légitimement sur l’opportunité du maintien de l’édifice contractuel que les deux parties ont réussi à construire sur de longues années dans les domaines politique, économique, humain et sécuritaire dans un esprit de partenariat et de respect des valeurs internationalement reconnues».
L’arrêt de la Cour européenne de justice invoque des considérants limités aux résolutions de l’ONU d’avant 1988. Pourquoi ce timing pour une requête introduite par le Polisario en 2012, alors que l’accord a été ratifié par les Parlements marocain et européen, après validation des 28 membres de l’Union? L’argumentaire tenu par le Conseil européen n’a-t-il pas convaincu les trois juges de la Cour? Maintenant que la décision ait été prise, le Maroc «s’attend à ce que l’Union européenne prenne des mesures appropriées en vue de trouver une issue définitive à cette procédure, au demeurant de son seul ressort», relève le ministère des Affaires étrangères. A défaut, «le Maroc prendra les mesures qui s’imposent».

Du côté de Bruxelles, on joue l’apaisement: «Les institutions européennes sont en train d’examiner attentivement cet arrêt afin de définir les différentes options, notamment la préparation d’un recours en appel», assure la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. «Cette décision de la Cour européenne de justice ne remet pas en cause les accords bilatéraux». La responsable européenne confirme son engagement envers le partenariat avec le Maroc, qui est un partenaire primordial dans le voisinage sud».
Le Maroc affiche également sa confiance totale quant à la solidité juridique des accords conclus avec l’Union européenne et en la capacité des instances compétentes du Conseil européen à faire prévaloir les règles de droit sur toute autre considération politique, répond en écho le ministère des Affaires étrangères dans son communiqué.
Néanmoins la décision de la Cour européenne de justice a de quoi rendre sceptique plus d’un observateur. Pour le président fondateur de l’Institut Amadeus, Brahim Fassi Fihri, «il est tout à fait légitime pour le Royaume de réagir avec force sans attendre les résultats de la probable procédure en appel». Quitte à revoir tous les accords le liant à l’UE, y compris l’Accord d’association en orientant l’exportation de produits agricoles et de la pêche vers de nouveaux marchés. Car la décision de la Cour «interfère dans la politique étrangère du Conseil européen. Un précédent dangereux qui risque d’être réitéré».

Cette analyse est celle du président de l’Association des exportateurs marocains Hassan Sentissi qui réagissait à chaud sur les ondes de Radio Atlantic. Depuis Dakar, où il participait au salon sur les produits de la mer, le chef de file des exportateurs estime que «le Maroc peut écouler ses produits fruits et transformés hors UE». Ce marché absorbe 64% des volumes exportés en agroalimentaire.

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