Casablanca Finance City: le nouveau hub financier africain voit grand

Casablanca Finance City: le nouveau hub financier africain voit grand

Créée en 2010, Casablanca Finance City a été classée au 42e rang mondial des places financières internationales, selon le dernier classement Global Financial Centers Index publié en mars 2015 par Z/Yen Group.

La place financière marocaine a gagné vingt places entre 2014 et 2015 et se positionne au deuxième rang en Afrique juste derrière Johannesburg, en Afrique du Sud.

Le rapport bi-annuel de Z/Yen Group, parrainé par l’Autorité Qatar Financial Centre, utilise plus de 100 critères pour effectuer son classement.

L’un des grands projets du roi Mohammed VI depuis son accession au pouvoir en 1999, Casablanca Finance City (CFC) est un “village” destiné à accueillir les entreprises et institutions nationales et internationales qui désirent opérer dans la région et avoir accès aux marchés d’Afrique, francophone en particulier. Cette place financière est orientée sur les services financiers, les services professionnels et les activités de sièges régionaux et internationaux. Elle est installée dans une zone d’une centaine d’hectares au carrefour des grandes voies de communication vers Rabat et El Jadida et d’accès facile vers l’aéroport.

De nombreuses entreprises ont déjà manifesté leur intérêt ou sont déjà présentes.

Ainsi, en juillet 2013, la holding de l’homme d’affaires Othman Benjelloun, FinanceCom, a annoncé sa décision d’installer son siège ainsi que celui de ses filiales à Casa Finance City. Il s’est engagé à investir 1,5 milliard de dirhams (140 millions d’euros au cours d’avril 2015) pour ce projet.

A ce jour, plus de 60 entreprises sont installées à CFC. Selon la presse locale, 27% d’entre elles opèrent dans la banque et l’assurance (Attijariwafa bank, BNP Paribas, Société Générale, AIG, BOA, Coface…), 29% dans le conseil juridique et stratégique (Roland Berger, Valyans, BCG…), 27% sont des sociétés de gestion (Wendel, Invest AD, Onyx…) et 19% sont des entreprises non financières (Accor, Continental, Ford…).

Le directeur général de Casablanca Finance City, Saïd Ibrahimi, a annoncé en début d’année son intention d’accroître le nombre de sociétés à une centaine d’ici à la fin de l’année.

En effet, un nombre croissant d’entreprises internationales s’installent au Maroc qu’elles considèrent comme une plate-forme pour développer leurs activités en Afrique du nord, de l’ouest et du centre. Les infrastructures modernes du Maroc, sa main d’oeuvre qualifiée, sa compétitivité et le climat propice aux affaires contribuent à en faire un “hub” pour les entreprises internationales.

  1. Ibrahimi souligne que la croissance annuelle moyenne de 5% en Afrique et l’émergence d’une classe moyenne avide de biens et services de consommation en font un marché particulièrement porteur. De fait, l’Afrique est la région du monde qui enregistre la plus forte croissance après l’Asie de l’est.

La CFC a été conçue pour appuyer les investisseurs internationaux et joue dans ce sens un rôle-clé dans la stratégie du Maroc de se positionner comme porte d’entrée vers l’Afrique. Les entreprises qui s’y installent bénéficient d’une fiscalité avantageuse et leurs démarches administratives sont facilitées (création d’entreprises, permis de résidence, contrats de travail…).

“Casablanca est aujourd’hui sur les radars des investisseurs internationaux et de toutes les institutions qui s’intéressent à l’Afrique. Notre position en tant que hub africain est désormais clairement reconnue. Figurer dans ce classement [le Global Financial Centers Index, voir plus haut] est un puissant vecteur d’attractivité,” déclarait Saïd Ibrahimi à la presse il y a quelques mois.

Il précisait que “la place financière n’a rien à voir avec la Bourse de Casablanca. Une place, c’est d’abord un écosystème, avec un secteur financier solide, des institutions financières internationales, des sièges de multinationales et tout ce qui est associé aux services financiers. La bourse est une composante de cet écosystème. Il faut qu’elle soit bien sûr efficiente et attractive pour jouer son rôle dans le financement de l’économie et des entreprises. La bourse est ainsi une composante de la place financière, mais ce n’est pas la place financière.”

Quant à l’Agence marocaine de Développement des Investissements (AMDI), elle a fait savoir à la presse (dans un article publié par le magazine économique américain Forbes) que le Maroc “a l’intention de faire venir les géants à Casa Finance City. Nous pensons aux plus grands noms de la finance et des services professionnels tels que Goldman Sachs, Citigroup, JP Morgan, General Electric et Bowman Gilfillan. La CFC est pour eux. Il y a un vaste marché en Afrique francophone qui reste encore largement inexploité. La CFC sera une plate-forme stable, fiable et adaptée qui permettra aux institutions financières d’accéder à ces marchés.”

Les travaux en cours à Casablanca Finance City se poursuivront tout au long de l’année et les premières entreprises pourront s’y installer dès 2016.