Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime

Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime

Le Maroc enregistre une croissance économique historique de plus de 4% en moyenne, depuis à peu près 10 ans. Quelle est la contribution secteur agricole marocain à cette croissance ?

M. Aziz Akhannouch: Entre les années 2003 et 2008, le secteur agricole a connu une croissance d’environ 0,4% en moyenne. Entre 2008 et 2013, soit, depuis le lancement du plan Maroc Vert et tout ce qu’il a apporté comme perspectives de dynamisation du secteur agricole, la croissance a atteint une moyenne de l’ordre de 7,4%, un taux qui dépasse le rythme de croissance nationale lors de cette même période et qui était à 4,6%. Ces dernières années, l’agriculture a ainsi fortement contribué à l’essor de l’économie du Royaume. Le Maroc est un pays agricole dont la population rurale représente plus de 40%. Parmi cette population, 73% vivent directement de l’activité agricole. Lorsque cette population se met à produire et à améliorer ses revenus, il est naturel que le niveau de croissance s’en ressente.

Le plan Maroc Vert est un plan stratégique très important qui a été lancé en 2008. Quel est votre degré de satisfaction concernant sa mise en œuvre

Depuis son démarrage, le plan Maroc Vert avance à un rythme très satisfaisant. Nous avons mené d’importantes réformes institutionnelles et organisationnelles (réorganisation du Ministère). De même, nous avons fait le nécessaire pour créer des bras d’investissement (L’Agence de Développement Agricole) et des agences qui chapeautent plusieurs volets et activités importants notamment l’ONSSA (Office Nationale de Sécurité Sanitaire et Alimentaire) , l’ONCA (Office National de Conseil Agricole) ou encore l’ANDZOA (l’Agence Nationale de Développement des Zones Oasiennes et de l’Arganier) . Nous essayons par ailleurs de doter les 18 interprofessions agricoles créées de plus grandes compétences. Il est important pour nous que le plan Maroc Vert soit porté par ces interprofessions qui ont reçu les moyens nécessaires pour aller de l’avant et se développer. En parallèle, des plans agricoles régionaux sont déployés dans chacune des régions pour répondre à des objectifs précis propres au besoin de chaque zone et en phase avec les orientations du plan Maroc Vert. Ces Plans comporte des objectifs chiffrés clairement définis et soumis à un calendrier d’exécution. Au lieu d’une simple programmation, nos plans d’actions ont évolué vers une méthode de gestion de projets

Depuis le lancement du Plan Maroc Vert, la production nationale a connu une évolution significative. Aujourd’hui, nous continuons sur notre lancée et tâchons de nous pencher sur des défis importants liés notamment à la commercialisation que ce soit sur les marchés internes ou étrangers.

L’agriculture marocaine a également gagné son pari de mobiliser l’investissement privé et public. Celui-ci a doublé pour totaliser 65 milliards de DH dans la période 2008-2013 dont 15 milliards a été mobilisée auprès des bailleurs de fonds nationaux et internationaux.

Est-ce qu’il y a déjà un premier bilan du plan Maroc Vert quant à l’augmentation des revenus dans le secteur agricole marocain par exemple? Ou encore par rapport aux effets de l’implantation graduelle du système d’agrégation qui est un chantier important?

Permettez-moi de rappeler que le Plan Maroc Vert, lancée en 2008 vise à assurer une modernisation accélérée et un développement équitable et durable du secteur agricole. Cette stratégie a fait de l’investissement son cheval de bataille et ambitionne de mobiliser 10 milliards de Dirhams annuellement au profit du secteur agricole à l’horizon 2020 afin de créer de la richesse et contribuer à l’amélioration des revenus des agriculteurs et de leurs conditions de vie et ce, selon deux approches d’intervention différenciées selon les acteurs.

Une première approche reposant sur une intervention directe de l’Etat, vise la relance de l’agriculture traditionnelle ou solidaire dans les régions défavorisées en mobilisant 20 Milliards de dirhams d’investissements à l’horizon 2020 au profit de 840 000 agriculteurs bénéficiaires.

Cette approche a permis un rééquilibrage des systèmes de production entre les grandes et les petites exploitations en vue notamment d’augmenter et de stabiliser les revenus des petits producteurs. 492 projets d’agriculture solidaire ont été lancés à fin 2014, touchant 721 000 bénéficiaires sur une superficie de 748 000 hectares, dont 237 000 hectares de nouvelles plantations et un investissement de 13,3 milliards de DH à fin 2014.

Ces efforts ont impacté positivement les revenus moyens annuels de ces bénéficiaires de 5 000 DH, représentant un accroissement de près de 247%.

La seconde approche est basée, quant à elle, sur l’investissement privé et cible les zones à fort potentiel agricole. Elle vise le développement d’une agriculture moderne à haute productivité ou à forte valeur ajoutée. L’objectif étant de drainer un investissement de 70 Milliards de dirhams au profit de près de 560 000 agriculteurs ciblés. Pour ce faire, le PMV a adopté l’agrégation comme modèle d’organisation des agriculteurs autour d’acteurs privés ou d’organisations professionnelles à forte capacité managériale.

Ce mode d’organisation permet notamment de dépasser les contraintes liées à la fragmentation des structures foncières tout en assurant aux exploitations agrégées l’accès aux techniques modernes de production, l’accès au financement et à un marché fiable marché intérieur et extérieur. Pour encourager davantage ce mode d’organisation, nous avons établi un cadre légal adapté et motivant à travers la promulgation en juillet 2012 de la loi n° 04-12 relative à l’agrégation agricole.

Cette loi permet, notamment, la sécurisation des transactions commerciales des parties contractantes au moyen de la contractualisation en fixant les clauses obligatoires qui doivent figurer dans les contrats d’agrégation. Elle permet également de favoriser le règlement des différends nés à l’occasion de l’exécution des contrats d’agrégation en rendant obligatoire le recours à la médiation conventionnelle et en instituant un organe de médiation collégial composé du président de la Chambre d’Agriculture Régionale, du représentant de l’interprofession de la filière concernée et du représentant régional du Département de l’Agriculture.

Le monde agricole marocain à l’heure actuelle découvre ainsi le libéralisme économique, comment évolue l’esprit d’entreprise dans le secteur agricole marocain dans ce contexte?

Ministre : Il faut noter que le Maroc a engagé depuis les années 80, une série de réformes structurelles visant la libéralisation progressive de tous les secteurs d’activités. Vu le poids du secteur agricole dans l’économie du pays se manifestant notamment par sa notable contribution à la formation du PIB à hauteur de 20%, ce secteur a été le premier concerné par les efforts de libéralisation déployés par l’Etat.

Au cours des deux dernières décennies, le gouvernement a adopté un régime libéral des échanges, et le développement du secteur agricole a été étroitement lié aux politiques globales de développement du pays. La participation au GATT en 1987, et les résultats du Cycle d’Uruguay ont entraîné d’autres réformes agricoles et confirmé l’engagement pris en vue de la poursuite de la libéralisation des échanges, entreprise au début des années 80

Grace à ces réformes, le secteur agricole a pu bénéficier progressivement d’un environnement favorable à l’investissement notamment depuis l’avènement du PMV à travers l’amélioration des conditions cadres et la modernisation des dispositifs institutionnels, législatifs et réglementaires régulant ce secteur d’activité économique afin de consolider l’attractivité du Royaume vis à vis des investisseurs nationaux et étrangers.

Des opérations capitalistiques de grande envergure ont été entreprises, permettant de tirer vers le haut l’investissement et la modernisation du tissu agricole et agroindustriel, à travers notamment La mobilisation dans le cadre du PPP de près de 100.000 ha du foncier de l’Etat au profit des investisseurs privés ce qui a permis de drainer un investissement dépassant 20 milliards dh de capitaux privés autour de projets intégrant l’amont et l’aval avec la mise en place de 420 unités de valorisation.

 

L’eau est un aspect clé dans l’agriculture. Est-ce qu’il y a eu avec le plan Maroc Vert une évolution dans le sens d’une meilleure gestion de l’approvisionnement en eau qui reste un aspect crucial pour le secteur ?

Le Plan Maroc Vert a impulsé une dynamique sans précèdent en matière de généralisation des techniques d’irrigation économes en eau en irrigation. Les techniques d’irrigation économes en eau ont été étendues sur une surface atteignant les 400.000 hectares. Ce qui représente plus du double par rapport à ce qui a été entrepris avant 2009 (180 000 hectares). Nous avons également  doublé la surface des terres agricoles irriguées en goutte à goutte. Nous sommes en train de travailler sur le rattrapage du décalage entre les barrages existants ou programmés pour valoriser au mieux les ressources en eau des barrages. Nous œuvrons également à la modernisation des périmètres irrigués pour améliorer l’efficience hydrique et la transparence de la gestion des réseaux de distribution d’eau et pour faire deséconomies d’eau. Aujourd’hui, le Maroc possède un potentiel de 1.645.000 hectares de périmètres irrigués. Les périmètres irrigués apportent de la valeur ajoutée, contribuant de manière significative à l’évolution de notre agriculture. Et je crois qu’on doit continuer à faire le nécessaire pour augmenter la valorisation de ces périmètres. Grâce à ces efforts, nous arrivons à maitriser la consommation d’eau dans les bassins agricoles irrigués et surtout à augmenter la productivité et la valorisation de l’eau. Ceci nous réconforte dans notre stratégie du Plan Maroc Vert qui s’est fixé pour ambition de doubler la richesse pouvant être tirée de nos ressources hydriques.

L’eau est par conséquent une denrée mieux répartie au Maroc par rapport à il y a 5 ou 6 ans?

Malgré l’occurrence d’années clémentes en apports pluviométriques ces 6 dernières années, notre climat restera structurellement versatile. Les choix stratégiques fait par notre pays visant la maitrise de nos ressources hydriques constituent les meilleures réponses aux défis que nous impose le climat. En tous cas, on continuera de travailler sur la gestion de la demande et l’économie d’eau,sur la mobilisation des ressources hydriques par les barrages et par l’extension des systèmes d’irrigation plus économes en eau.

Nous travaillons aussi sur certaines zones difficiles,où les ressources en eau sont rares et qui présentent les plus fortes capacités exportatrices, sur les usines de traitement et de dessalement d’eau de mer pour l’irrigation. Au Maroc, nous avons expérimenté une première au niveau mondial, soit l’irrigation de 10.000 hectares d’agrumes dans la région du Souss par transfert d’eau dans le cadre d’un Partenariat Public Privé[u1] . Nous avons renouvelé l’expérience dans la région d’El Jadida sur 3.000 hectares. Le gestion de ces projets est assurée par le secteur privé. Bientôt, une troisième expérience verra le jour dans la région du Souss, à Massa plus exactement, avec le recours au dessalement de l’eau de mer pour alimenter[u2] d’un périmètre irrigué dans la zone de Chtouka Ait Baha (Agadir) qui sera géré également par le secteur privé en concession sur appel d’offres.

Est-ce qu’il y aurait un intérêt à l’international pour ces appels d’offres?

Je pense que celui de Massa suscitera un intérêt important au niveau international car  il s’agit d’un projet innovant incluant une usine de dessalement de l’eau de mer, le réseau de canalisations et la distribution de l’eau sur plus de 13000 hectares. Dans ce sens, nous avons déjà obtenu une partie des  fonds à travers la FADES (Fonds arabe pour le développement économique et social ). Le projet reste encore en quête du complément de financement qui s’élève à 1,1 milliard de DH.

 

Dans quelle mesure la régionalisation peut contribuer à améliorer le secteur agricole? Est-ce qu’on assistera à beaucoup plus de compétences de ces régions dans le domaine agricole ?

Ministre: La régionalisation est une opportunité pour l’agriculture, parce qu’elle se fait dans les territoires. Il y a des régions où on peut faire des agrumes, et des régions où on doit faire des olives, de l’élevage, etc., respectant les atouts naturels de chaque territoire. L’essentiel est de leur donner les moyens de faire leur propre plan de développement. C’est pour cela que le plan Maroc Vert fût conçu pour être décliné sur 16 plans, un pour chaque région. Je pense vraiment que faire un pas supplémentaire dans le processus de régionalisation est quelque chose de très positif. C’est une vraie niche de croissance.

Le SIAM 2014, salon agricole annuel de référence, a suscité un très grand intérêt, positionnant le Maroc sur le plan agricole à un niveau global, avec des retombées importantes. Quelles est votre conclusion à propos de cet important rendez-vous?

Tout d’abord, il s’agit d’un des plus grands rendez-vous commerciaux de l’agriculture dans le continent africain avec un nombre de visiteurs considérable. Le Maroc bénéficie de plus en plus d’un positionnement africain, puisque beaucoup de pays du continent y participent. D’ailleurs, les chefs d’Etat du Mali et de la Guinée étaient présents à l’ouverture de ce salon en 2014. L’Europe était également fortement représentée par plusieurs pays et délégations menées par des ministres ce qui démontre tout l’intérêt porté au niveau international pour l’agriculture marocaine et l’agriculture africaine dans son ensemble. Cela a été une magnifique vitrine de l’effervescence que vit le secteur agricole marocain et aussi un avant-goût de ce qui peut se passer demain en Afrique.

L’agriculture marocaine de l’avenir passerait plutôt par un positionnement « qualité » plutôt qu’un positionnement « quantité » ?

Ceci est assez clair dans notre approche. Nous privilégions la qualité pour les produits sur lesquels nous jouissons d’un avantage comparatif et compétitif. Actuellement, nous exportons des agrumes, des fruits et légumes, des fruits rouges et des produits du terroir. Par exemple, les produits du terroir sont des produits de qualité qui respectent les traditions. Il est donc naturellement primordial de positionner certains produits sur le volet qualité. Mais il faut être réaliste, le monde a aussi besoin de quantité. Nous avons 33 millions de consommateurs marocains auxquels il va falloir répondre à leurs besoins. Par conséquent, l’agriculture se doit de pouvoir répondre à ce marché et à cette démographie en pleine expansion.

Dans ces sens et à un moment ou la sécurité alimentaire est un enjeu complexe, la contribution du secteur agricole marocain aux objectifs du millenium a été primordial…

C’est en effet une fierté et une belle récompense des efforts du Maroc. Le pays a connu une amélioration significative de la disponibilité alimentaire qui lui a valu une distinction internationale décernée par la FAO pour sa lutte efficace contre la faim avec un taux de population n’atteignant pas le niveau minimum calorique réduit à 0,5% en 2013 contre un objectif fixé par la FAO de 2,3% à horizon 2015.

Est-ce une chance pour sauvegarder l’équilibre social du pays ?  

Absolument, et il faut dire que nous avons de la chance aussi dans notre pays d’avoir des agriculteurs professionnels. Cela est très important, et les ressources humaines sont capitales pour réaliser l’essor agricole voulu. Feu Sa Majesté Hassan II et sa Majesté Mohamed VI ont toujours considéré la politique agricole comme fondamentale, et aujourd’hui on peut percevoir clairement les résultats de cette politique. L’agriculture, il suffit de la travailler, de la développer, et de lui donner les moyens, elle est une ressource indispensable pour répondre aux impératifs de la sécurité alimentaire, mais également un puissant instrument pour combattre la pauvreté.

Est-ce que la nouvelle Stratégie Industrielle lancée par votre gouvernement pourrait avoir des retombées dans le secteur agricole en favorisant la création d’un écosystème dans le secteur?

Quand vous augmentez l’offre agricole, cette offre doit trouver son chemin vers les marchés, soit sous forme de produits frais, soit sous forme de produits transformés. Or, la valeur ajoutée du secteur industriel est encore faible même si nous sommes parmi le top 10 mondial pour plusieurs produits comme l’exportation des olives, des tomates, des agrumes, ou encore les légumes verts, le safran…Pour beaucoup de produits, comme ceux que je viens de citer, le Maroc bénéficie d’une excellente position. Revenant à votre question, il y a en effet une synergie avec tous les programmes industriels, l’objectif étant de valoriser l’agriculture et d’aider l’agro-industrie à prendre une place réelle sur le marché national, mais aussi international.

Il pourrait y avoir des opportunités pour les investisseurs étrangers?

Sans aucun doute. Je pense qu’il y aura de grandes opportunités pour les investisseurs étrangers dans le secteur de l’agro-industrie. Nous avons créé des pôles industriels spécialisées dans l’agro-industrie, avec des centres de compétences et des centres de recherche intégrés, situées dans les bassins de production pour mieux valoriser la production nationale. On peut citer les agropoles de Meknès, Berkane, Agadir, Marrakech, Béni-Mellal et celle au nord du Maroc.

Un volet important pour le pays c’est la révolution énergétique verte que vit le Maroc actuellement. Comment celle-ci est déjà vécue dans le secteur agricole, comment fusionne-t-elle avec des plans comme le plan Maroc Vert ?

Nous le voyons déjà sur le terrain. Il va y avoir un développement substantiel de l’energie solaire pour le pompage. Il suffit que l’État mette en place quelques mesures avantageuses pour rendre ces investissements séduisants pour l’agriculteur et nous travaillons intensément dans ce sens. Les agriculteurs sont très réceptifs et enthousiastes, il ya déjà eu d’excellents résultats et leur perception de ce processus est très positive

On pourrait affirmer que d’ici 10 ans, une véritable révolution verte aura eu lieu au Maroc… ?

Dans moins de 10 ans. Je pense que dans les 3 à 4 années à venir, et bien sûr grâce à la révolution énergétique vers les ressources renouvelables que vit le Maroc, il va y avoir des bouleversements dans tous les secteurs. L’agriculteur finira par percevoir ces ressources énergétiques d’une façon totalement différente, et ceci va contribuer à moyen terme à diminuer les coûts de production et sans doute à augmenter les rendements.

Quel dernier message donneriez-vous aux lecteurs français et francophones qui vont lire notre reportage simultanément sur 27 médias?

Je pense que pour les lecteurs français et européens il s’agit d’un grand atout d’avoir le Maroc à ses portes et pouvoir compter sur la grande qualité de ses produits. Il y a certes beaucoup d’enjeux économiques dans le secteur agricole européen, et des lobbys très puissants, mais il ne faut jamais oublier le plus important, les consommateurs. Avoir des produits de qualité pas chers et disponibles est quelque chose de fondamentale pour l’Europe, et le Maroc travaille sans relâche pour rester un acteur majeur du panier méditerranéen. Le Maroc, par la qualité, la richesse, et la diversité des produits de son terroir, contribue fortement à donner satisfaction aux exigences des consommateurs provenant des marchés européens. Quant aux investisseurs, je reste convaincu que toute cette dynamique offrira des possibilités d’investissements très importantes. Nous invitons nos amis français et européens à s’intéresser de très près, notamment dans des secteurs, comme l’agro-industrie où leur savoir faire est réputé.