Automobile : le Maroc en pole position

Automobile : le Maroc en pole position

Le secteur automobile marocain occupe la première place des exportations depuis la fin 2014, détrônant pour la première fois les phosphates qui étaient historiquement le produit d’exportation numéro 1 du Maroc. Les ventes de véhicules à l’international ont bondi de 53,7% et représentent environ 20% des exportations totales du pays, selon le bilan annuel de l’Office des changes publié en janvier 2015.

Ce résultat exceptionnel est à mettre au compte de la politique industrielle du Maroc qui, depuis une dizaine d’années (le premier Plan Emergence pour le développement industriel date de 2005), cherche à créer des « clusters » autour d’un certain nombre de métiers, notamment l’automobile.

Dans ce secteur, la stratégie a été d’attirer les investisseurs étrangers et de rassembler les sous-traitants et équipementiers autour des grands fabricants (c’est-à-dire les « clusters »). La proximité du Maroc avec les marchés européens et la présence du nouveau port Tanger-Med ont aussi déterminantes, notamment dans le choix de Renault d’ouvrir en 2012 une deuxième usine à Melloussa, près de Tanger (après celle de Casablanca où le constructeur français est présent de longue date), d’une capacité de 340 000 véhicules pratiquement entièrement destinée à l’export. Renault « tire  » l’ensemble du secteur et a attiré une kyrielle de sous-traitants.

Cette stratégie a payé : aujourd’hui, l’industrie automobile marocaine représente 85 000 emplois, 150 usines et un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros, selon le ministère de l’Industrie. Outre la construction, le secteur comprend notamment l’importante industrie du câblage (Denso, Leoni, Sumimoto, Lear, Yazaki…) qui a réalisé en 2014 une croissance de 9,9%, à 17,2 milliards de dirhams (1,6 million d’euros).

« Il est important de constater que le Maroc est désormais un pays reconnu sur le plan international comme étant un opérateur dans un certain nombre de secteurs, dont l’automobile. Il est donc tout à fait normal que les constructeurs regardent avec beaucoup d’intérêt notre pays. Tous les ingrédients nécessaires pour l’installation de nouveaux investisseurs sont réunis, » déclarait le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy en novembre dernier.

A présent, avec le nouveau « Plan d’accélération industrielle » présenté par M. Elalamy en avril dernier, l’objectif est de créer environ 95 000 nouveaux emplois dans l’industrie automobile d’ici à 2020 grâce à la mise en place d’ « écosystèmes productifs ». Pour sa part, Renault a annoncé récemment son objectif de faire augmenter la part d’équipement local des véhicules assemblés à Tanger de 45% à 65% de leur valeur.

Le constructeur français cherche également, tout comme Peugeot, à développer ses parts de marché en Afrique sub-saharienne, une région qui attire de plus en plus d’investisseurs en étrangers en raison d’une croissance soutenue et de l’émergence d’une nouvelle classe moyenne. Pour cela, il s’appuiera notamment sur sa nouvelle usine de Melloussa, mais aussi sur la nouvelle usine qu’il a ouvert en novembre en Algérie, d’une capacité initiale de 25 000 unités et à terme, de 75 000.

Renault affirme détenir dores et déjà 11,5% de parts de marché en Afrique et ambitionne d’atteindre 17,5% en 2020.