Amina Benkhadra, ONHYM

Amina Benkhadra, ONHYM

La sécurité énergétique du Maroc ; contribution de l’ONHYM à cet objectif.

Mme. Benkhadra : L’énergie constitue un facteur hautement stratégique pour le développement économique et social de notre pays, qui ne dispose pas, du moins pour le moment, de ressources significatives en matière d’énergie primaire. La politique énergétique nationale reste ouverte, dans la mesure où notre pays a adopté une stratégie nationale pour la diversification des énergies primaires et l’introduction de nouvelles technologies pour une production d’énergie propre, grâce au potentiel important que recèle le Maroc en matière de ressources solaires, éoliennes et hydrauliques.

Le Maroc a mis en place un cadre réglementaire et législatif extrêmement incitatif qui a permis à l’ONHYM de poursuivre l’impulsion et la consolidation de la dynamique de l’exploration pétrolière, en attirant le maximum d’investisseurs internationaux et en intensifiant davantage les travaux de recherche. A moyen ou à long terme, nous espérons que les efforts déployés vont aboutir à des résultats favorables, qui permettront au Maroc de réduire sa dépendance énergétique.

 Conclusions du Sommet Marocain du Pétrole célébré à Marrakech les 7 et 8 Mai 2014.

Le sommet de Marrakech a été un espace idéal de rencontres et d’échanges pour identifier les opportunités d’investissements et initier de futurs projets de coopération et de partenariats, aussi bien avec les sociétés pétrolières voulant investir au Maroc, qu’avec les pays africains voisins. L’agenda de cette conference était particulièrement riche en présentations relatives au domaine de l’exploration pétrolière et gazière au Maroc, telles que le potentiel géologique en onshore et offshore, l’exploration en onshore et en offshore sur la façade atlantique, ainsi que les enjeux énergétiques africains.

Le sommet marocain du gaz et du pétrole n’a fait que confirmer que le Maroc est devenu une destination de choix pour l’exploration des hydrocarbures conventionnels et non conventionnels en Afrique, grâce notamment à une stratégie de promotion proactive, un cadre réglementaire et fiscal des plus attractifs et une géologie favorable.

Ce sommet a accueilli plus de 250 personnes, représentant bien évidemment l’industrie : compagnies pétrolières incluant pratiquement toutes celles opérant déjà au Maroc (Chevron, Anadarko ,Repsol, Kosmos, , Cairn, PXP, Galp etc) et de nouvelles souhaitant investir dans l’exploration. Des sociétés de service, logistique et approvisionnement,  des experts et professeurs de renommée internationale, mais aussi des représentants institutionnels (je cite le Ministre de l’Energie et des Mines marocain – Abdelkader Amara -, le Ministre des mines malien – M. Boubou Cissé – plusieurs représentants guinéens, mauritaniens, sénégaliens etc…) témoignant du succés total de cette conférence.

En marge de cette rencontre d’envergure, un protocole a été signé entre l’ONHYM et le Ministère des Mines du Mali, ainsi que le Directeur Général de l’Autorité Malienne pour la Promotion de la Recherche Pétrolière (AUREP), M. Lamine Alexis Dembele portant sur plusieurs axes comme le renforcement des échanges d’expériences et leurs capacités techniques d’intervention dans les domaines minier, pétrolier et gazier, et la mise en place de projets techniques. Ce genre d’accord donne un contenu concret au protocole spécifique dans les domaines de la géologie, des mines et des hydrocarbures signé entre les deux pays lors de la visite de sa Majesté le roi Mohammed VI au Mali en février dernier.

Un autre protocole d’accord a été signé avec la compagnie nationale des hydrocarbures du Sénégal (Petrosen) dans le domaine de la coopération scientifique bilatérale, la formation et le transfert des compétences.

Des entrevues fructueuses ont eu lieu également entre l’ONHYM et le ministre guinéen de l’énergie Mr Idrissa Thiam ainsi qu’avec les représentants du secteur des hydrocarbures gabonais, pour la mise en place de futurs protocoles d’accord.

Les forages de pétrole au Maroc ; commentaire sur le forage de 27 puits de pétrole en 2014 ; quelles sont les attentes de ce programme de forage.

Aujourd’hui, le nombre des sociétés opérant au Maroc dans le domaine de l’exploration pétrolière dépasse la trentaine parmi lesquelles des Majors, des Super Indépendants et des Indépendants, et qui opèrent dans une vingtaine de bassins sédimentaires en onshore, et dans une variété de segments de bassins en offshore atlantique. Nous sommes actuellement dans une phase de maturité des programmes d’exploration lancés il y ‘a plusieurs années (6 à 8 années), et dont l’aboutissement logique est la réalisation des forages, qui permettront à l’ONHYM et à ces partenaires de tester différents plays concepts, qui ont nécessité de nombreuses études et travaux, ainsi que des prévisions d’investissements de plus de 5 milliards de DH en 2014.

Il faut cependant garder à l’esprit que ce nombre, bien qu’exceptionnel par rapport aux moyennes des années précédentes, reste très faible par rapport à la moyenne mondiale et par rapport à nos ambitions d’accroitre les travaux d’exploration par forage de nos bassins.

L’augmentation du nombre de forages, dans n’importe quelle région du globe, est une excellente chose en soit. L’expérience a démontré que là où l’exploration est intense, les résultats sont au rendez-vous, on ne cessera jamais d’insister sur les expériences au Ghana, en Mer du Nord, qui après des dizaines voire des centaines de forages, ont commencé à produire des hydrocarbures. Et même au Maroc, en prenant les cas des bassins classiques du Gharb et d’Essaouira, où l’exploration pétrolière est ancienne et plus intense, les découvertes sont fréquentes.

Ce programme de forages est donc primordial pour notre compréhension de la géologie pétrolière de plusieurs zones en onshore et en offshore, mais devra également nous éclairer sur le potentiel en hydrocarbure des plays et des structures qui seront forés cette année.

Analyse en particulier sur le potentiel réel au Maroc des différents hydrocarbures conventionnels; pétrole, gaz naturel.

Les experts et les compagnies internationales qui opèrent dans notre pays, s’accordent à dire que le sous-sol marocain est potentiellement favorable à l’accumulation des hydrocarbures. La géologie diversifiée et complexe du Maroc a permis la genèse de plusieurs types de bassins sédimentaires (pour une superficie explorable de l’ordre de 918 237 Km ²). En effet, le Maroc possède une vingtaine de bassins sédimentaires en onshore, avec des bassins de petites tailles, avec une géologie complexe au Nord, tandis qu’au Sud les bassins sont de grandes tailles et restent largement sous explorés.

Le domaine offshore est très étendu et est constitué par des bassins mésozoïques très vastes pratiquement vierges.

Les systèmes pétroliers identifiés pour les différents bassins sédimentaires marocains sont fonctionnels. Plusieurs zones prospectives ont été identifiées dont seulement une infime partie a été testée.

Et on compte seulement 313 forages au total, ce qui représente une densité d’à peine 0,04 puits par 100 km². Comparée à une densité mondiale moyenne de 8 à 10 puits par 100 km2.

On voit que notre pays dispose d’un potentiel qui reste largement sous exploré, voire même vierge dans plusieurs endroits.

Analyse sur le potentiel des hydrocarbures non conventionnels au Maroc ; schiste bitumineux, shale gaz.

Le Maroc dispose d’un potentiel important de schistes bitumineux. Les deux principaux gisements sont localisés à Timahdit et Tarfaya. Les autres gisements sont situés dans les régions du Rif, du Moyen-Atlas, de Souss, de Tadla, d’Essaouira et d’Errachidia.

Avec ce potentiel, le Maroc est classé au sixième rang après les Etats-Unis, la Russie, la République Démocratique du Congo, le Brésil et l’Italie.

Le Maroc s’est à son tour doté d’une stratégie de relance du développement de cette ressource. Les premiers travaux datent des années 1980. Ils ont été initiés suite aux chocs pétroliers de 1973 et 1979 avant d’être stoppés durant les années quatre-vingt en raison de l’effondrement du prix du pétrole.

Aujourd’hui, l’ONHYM a signé des accords avec des compagnies pétrolières pour tester les procédés à Timahdit et Tarfaya. San Leon Energy va y effectuer des tests, ainsi que Taqa qui compte tester un procédé pilote à Timahdit.

Il faut garder à l’esprit que les projets de développement des schistes bitumineux sont également très capitalistiques et nécessitent des investissements de plusieurs milliards de dollars. La veille technologique se poursuit cependant. Le Maroc compte aussi monter des projets pilotes dans la production d’électricité à base de schistes bitumineux. Ces derniers peuvent être utilisés comme du charbon dans une centrale thermique pour produire de l’électricité. Un domaine où des pays comme l’Estonie ont une longueur d’avance. En Estonie, 80% de l’énergie électrique sont basés sur cette ressource.

Pour les gaz de schistes, la géologie régionale est extrêmement favorable pour l’exploration et le développement de ce type d’hydrocarbures.

Le Maroc occuperait une place de choix en Afrique en ce qui concerne ce potentiel avec ses bassins sédimentaires paléozoïques qui concentrent la majorité de ce potentiel.

Au niveau des gaz de schistes, le Maroc est au début du processus. On a signé des accords avec des sociétés qui ont des autorisations de reconnaissance. On en est au stade d’exploration et encore aux premiers pas de l’exploration des gaz de schiste.

La thématique des gaz de schistes ouvre de nouvelles perspectives pour l’exploration des hydrocarbures au Maroc, dans des zones où la recherche était traditionnellement orientée vers les hydrocarbures conventionnels.

Commentaires sur l’amélioration des performances du secteur énergétique avec une participation accrue des opérateurs privés à son développement, ainsi que les moyens financiers requis ; avantage des contrats marocains pour les compagnies étrangères investissant au Maroc dans le secteur « upstream » des hydrocarbures.

Moteur essentiel du développement économique et social, l’énergie, dont le pétrole et ses dérivés, influence et régularise notre civilisation industrielle moderne.

Le pétrole restera au moins pour la première partie du 21 siècle une énergie très demandée sur le marché.

Les évolutions technologiques (sismique 3D, 4D, forage et production en deep et very deep offshore) ont poussé systématiquement les limites.

A l’échelle nationale, Il est à rappeler que le Maroc importe plus de 94% de ses besoins en énergie dont la part des produits pétroliers reste encore prédominante (61%).

La relance des activités de l’exploration des bassins marocains est le résultat des efforts d’études et promotions déployés par l’Office et des évolutions technologiques, notamment en deep offshore.

Cette relance est, par ailleurs, favorisée par les développements des nouvelles technologies de forage en offshore profond et nos bassins font l’objet aujourd’hui d’un grand intérêt de la part des compagnies pétrolières internationales. Ainsi, au cours de ces dernières années, la recherche pétrolière au Maroc a été marquée par un afflux important des sociétés pétrolières internationales.

Aujourd’hui, on a des accords avec 34 sociétés, soit à travers des contrats de reconnaissance soit par des permis d’exploration.

Si on prend la moyenne des dernières années, les partenaires ont investi entre 600 MDH et 1,2 MMDH par an, soit 10 à 15 fois l’effort que nous déployons. L’État, à travers l’ONHYM, investit entre 60 et 70 MDH par an.

L’investissement n’est pas encore suffisant, car il faut faire beaucoup de forages. Le défi est de pouvoir maintenir l’intérêt des compagnies et les pousser à forer davantage. Or le forage coûte très cher. Avant de prendre une décision de forage, il faut passer par un processus extrêmement complexe d’évaluation.

À titre d’exemple, pour l’offshore atlantique qui est, pour nous, une zone à fort potentiel, les premiers forages en offshore profond ont été faits en 2004 par la société Shell. Ces forages ont coûté chacun 25 millions de dollars à cette époque.

Le même forage en 2009 par Repsol à Tanger-Larache a coûté 80 millions de dollars. Aujourd’hui, les prévisions relatives aux forages qui vont être faits en 2014 sont de 100 à 130 millions de dollars pour chaque forage.

Par ailleurs, et selon l’avis de plusieurs spécialistes, le Maroc offre aujourd’hui l’un des meilleurs cadres de la région pour les investissements dans le domaine de la prospection pétrolière et gazière,.

Ce cadre est régi principalement par le code des hydrocarbures institué par la loi n°21-90 promulguée le 01 Avril 1992 qui a été amendée et complétée par la loi n°27-99 promulguée le 15 Février 2000.

Les principales mesures fiscales incitatives introduites à l’origine par ledit code sont aujourd’hui intégrées au niveau du Code Général des Impôts et comprennent notamment :

  • L’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant une période de dix années consécutives courant à compter de la date de mise en production régulière de toute concession d’exploitation.
  • L’exemption de tous les équipements, matériaux, produits et services nécessaires aux opérations de reconnaissance, d’exploration et d’exploitation des droits de douane et de la TVA.
  • L’exonération de façon permanente de la taxe professionnelle

 L’ONHYM face à la préservation de l’environnement.

Concernant le volet environnemental, de par sa vocation, l’ONHYM se porte garant du respect de la législation et la réglementation environnementale en vigueur. En effet, tous les partenaires de l’ONHYM dans le cadre des différents projets de recherche et d’exploitation des hydrocarbures au Maroc, tant en onshore qu’en offshore, disposent de procédures QSE respectant les normes et standards internationaux. En outre, la Loi n°21-90 sur la recherche et l’exploitation des hydrocarbures exige que toutes les opérations pétrolières soient entreprises dans le respect de l’environnement. Par ailleurs, les partenaires de l’ONHYM sont tenus de réaliser des études d’impact sur l’environnement avant d’entamer leurs travaux.

 Afin de garantir une meilleure protection de l’environnement contre toute atteinte ou dommage que les opérations pétrolières pourraient causer, la réglementation relative aux hydrocarbures oblige les partenaires de l’ONHYM de contracter des assurances spécifiques.

 D’autre part il est très important de souligner que tous les partenaires ONHYM exécutent leurs travaux dans les normes et les standards de l’industrie pétrolière internationale et veillent scrupuleusement sur le respect de l’environnement.

Dernier message aux lecteurs du Nouvel Observateur.

Depuis son indépendance, le Maroc s’est inscrit dans une vision de développement économique et social inscrite sur les principes de libéralisation de son économie et du développement multi-sectoriel.

Depuis l’accession de SA MAJESTE LE ROI MOHAMMED VI, que Dieu l’Assiste, au Trône de Ses Glorieux Ancêtres, le Maroc connaît une dynamique nouvelle de développement global qui, appuyée sur des réformes fondamentales, restructure et transforme en profondeur l’ensemble des secteurs clés des activités politique, économique et sociale. Le Maroc connaît une réelle dynamique globale vertueuse de réformes majeures et un vaste chantier de programmes d’envergure afin d’assurer une croissance économique forte et un développement humain durable et intégré bénéficiant à tous nos concitoyens et à toutes les régions de notre pays.

Ces projets concrets, ont été conçus dans le cadre de stratégies élaborées autour d’enjeux et d’objectifs clairs et déclinées en plans d’action rigoureux et coordonnés dans de nombreux secteurs (Agriculture, Industrie, Tourisme, Energie, Phosphates, Habitat)

Dans le domaine de l’énergie, le Maroc a depuis 2009, mis en place une stratégie claire pour assurer la sécurité de ses besoins croissants fondée entre autres sur le développement de ses ressources propres (projets solaires et éoliens) et l’intensification de la recherche pétrolière.

Fort de ces atouts et de sa stabilité politique, le Maroc poursuit avec détermination son développement économique et social.

 La Maroc, votre partenaire pour un développement durable, inclusif et win win.