Abdelkader Amara, Ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement

Abdelkader Amara, Ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement

Le Maroc aborde un programme historique de diversification des sources énergétiques Comment le décririez-vous ?

M. Amara : Notre pays n’est pas producteur d’énergie, et nous devons par conséquent mettre en place une stratégie qui nous permettrait justement de s’approvisionner abondamment en énergie et en sécurité. Il faut s’approvisionner et diversifier les sources d’approvisionnement de façon logique et pragmatique. Lorsqu’on observe ce qui passe à l’international, en Ukraine ou au Moyen Orient, on prend conscience que la diversification de l’approvisionnement à des coûts optimisés est très important, ainsi que la préservation de l’environnement. Actuellement, la situation est simple, notre pays n’a pas d’énergie fossile mais nous avons un potentiel très important en énergie renouvelables ; concrètement dans le solaire et l’éolien. Dans le solaire nous avons un des plus grands potentiels au monde en termes d’heures d’ensoleillement, DNI ainsi dans l’éolien où nous avons des couloirs aériens qui font facilement entre 9 à 10 mètres par seconde. Par conséquent c’était un choix naturel pour le Maroc d’avoir parié sur les énergies renouvelables dans les années à venir. À l’horizon 2020 notre production électrique devrait provenir au minimum de 42% des sources renouvelable. Dont 14 % solaire 14 % éolien et 14 % hydroélectricité.

Est-ce réaliste ?

Oui c’est assez réaliste. D’ailleurs, nous avons en matière d’éolien pratiquement   terminé les 2000 mégawatt du programme initial, qui se trouve, soit déjà en construction, soit en développement, soit en phase d’appels d’offres. Concrètement, pour l’éolien nous avons déjà dépassé les 2000 mégawatt. Dans le solaire, nous avons déjà lancé la grande station de Ouarzazate dont les adjudicataires sont saoudiens avec également l’implication de sociétés espagnoles. Il s’agit d’une station de 160 mégawatt de CSP (Concentrated Solar Power) et nous avons déjà pratiquement terminé la pré-qualification de la 2ème station et de la 3ème station dont leur capacité génératrice sera de 300 mégawatt. De même, très prochainement, nous lancerons la 4ème tranche en photovoltaïque qui aura une capacité de 50 mégawatt, ce qui fera un total, une fois toutes les phases terminées, de 510 dix mégawatts.

42% de production électrique de source renouvelables serait le double des recommandations de l’UE en matière d’énergies renouvelables ?

Oui. Vous faites bien de le signaler car je pense que le Maroc a opté pour une position avant-gardiste, et nous ne sommes pas dans la même logique que l’Union européenne. Je connais assez bien la politique énergétique de l’Europe pour dire que bien que censée être cadrée, les politiques nationales priment. La France a visé sur le nucléaire. L’Espagne sur les renouvelables. L’Allemagne a arrêté le nucléaire et elle se remet au charbon.

C’est complètement différent pour nous au Maroc où nous avons pris la décision ferme et stratégique de parier sur les énergies renouvelables avec l’objectif d’atteindre 42% de la production. C’est un minimum et en 2025, nous pourrions atteindre 50% de production électrique d’origine renouvelable. L’éolien au Maroc bénéficie d’une parité réseau très compétitive. Et pour le solaire, les grands projets en cours vont permettre de baisser les coûts avec une technologie qui vise à palier notre problématique, à savoir optimiser notre capacité de stockage. Il est donc important d’investir dans les stations de pompage, soit dans le CSP pour atteindre un maximum de stockage. Nous avons déjà fait entrer en fonctionnement la 1ère station de 160 méga watts à Ouarzazate avec une capacité de stockage de 3 heures. Probablement, pour la 2ème et la 3ème e tranche, nous pourrons facilement stocker 5 heures, voire plus. Si nous atteignons ces objectifs, la politique d’investissements se justifiera d’elle-même avec en prime une meilleure rentabilité sur le coût du kilo watt.

Pour le développement des énergies renouvelables la question du stockage est en effet centrale…

Absolument. L’énergie est un secteur stratégique et par conséquent les décisions le sont aussi. Le Maroc a pris la décision stratégique de justement miser sur une politique énergétique reposant sur une combinaison des énergies renouvelable et fossiles; c’est un choix stratégique avant-gardiste par rapport à d’autres pays. En ce sens, nous souhaitons profiter des technologies de pointe disponibles à l’international pour atteindre nos objectifs. Il faut dire que maintenant dans le domaine de CSP tout particulièrement, il y a une certaine maitrise de la technologie mais les coûts demeurent élevés, et le stockage est une équation qui reste à résoudre.

Sentez-vous qu’avec les objectifs que le Maroc s’est fixés selon son propre modèle, le Royaume serait en position de devenir un des leaders mondiaux dans les énergies renouvelables à l’avenir?

En effet, nous n’avons pas reproduit le modèle espagnol ou allemand du « feed-in tariff » dont le principe repose sur l’octroi de subventions de l’Etat . D’ailleurs, à un certain moment, les Espagnols furent contraints de mettre un terme à cette pratique tant le montant de la facture devenait exorbitant. Nous n’avons pas procédé de cette façon au Maroc. Nous, nous avons essayé d’appliquer dès le départ la logique du marché avec ses propres mécanismes de rentabilité. Selon nos calculs, nous avons opté pour un stockage pour une durée donnée, ce qui nous donne la possibilité de desservir aux heures de pointe tout en rentabilisant l’investissement. Bien évidemment, ceci induit la maîtrise de la technologie du stockage à une économie d’échelle. Dans cette perspective, plus il y aura de stations de production solaire électrique, plus on parviendra à faire baisser les coûts. Il y a également un problème de financement important car nous n’avons pas choisi le modèle « feed in » , et pendant un certain nombre d’années, l’État devra supporter les coûts, la rentabilité n’étant pas immédiate. Le choix stratégique du Maroc mise sur le long terme. Cette option retenue s’avère d’autant plus nécessaire depuis les changements climatiques. En outre, il s’agit d’une grande opportunité de développement et d’intégration industrielle pour le pays, d’acquisition d’un savoir-faire technologique et de création d’un nombre d’emplois considérable.

Pensez-vous que le Maroc saura profiter des retombées industrielles qu’offre un développement aussi ambitieux des énergies renouvelables ?

Bien sûr et je sais de quoi il s’agit. Quand j’étais moi-même ministre de l’industrie, j’ai initié la « Compensation Industrielle ». La compensation industrielle est un mécanisme assez astucieux car il compense les opérateurs et investisseurs industriels qui, sur commande publique, finissent par produire de l’électricité pour le Maroc. Nous avons à cet effet promulgué une loi de libéralisation d’une partie de la production à très haute tension, certes, dans un cadre assez limité mais toujours est-il que c’est l’État à travers l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable qui produit de l’électricité. Par conséquent, l’Etat garantit l’achat. C’est donc naturel qu’il y ait une compensation industrielle suite à un appel d’offre à des prix compétitifs. De même, il est normal que l’État en tant que garant exige en contre -partie qu’il y ait un pourcentage important, entre 30 et 40%, d’intégration industrielle. Après avoir longuement débattu, et sur le plan interne, et avec les bailleurs de fonds, nous sommes arrivés à ce consensus afin de promouvoir un véritable développement industriel dans les domaines éolien, photovoltaïque et CSP.

Quant aux chiffres il est important de souligner que nous travaillons pour assurer des capacités de production électrique de 2000 mégawatt provenant du solaire et 2000 mégawatt provenant de l’éolien ce qui ouvre beaucoup d’opportunités en matière de composantes et pour les investisseurs internationaux à l’échelle régionale.

Quel est le rôle à jouer par l’ONEE dans tout ce vaste programme d’énergie renouvelable, avec le lancement par exemple de la deuxième phase du programme Inara?

L’ONEE est une structure publique donc un outil de l’État ayant le mandat d’exécuter une politique donnée. L’État marocain a opté pour une politique énergétique déterminée et cette politique énergétique doit être accomplie.

Comme exposé au début de cette interview, notre choix repose sur une combinaison des énergies renouvelables et fossiles, tout en ne perdant pas de vue l’efficacité énergétique. Or ceci nécessite tout un programme politique et d’exécution où plusieurs éléments s’imbriquent : l’optimisation de la consommation électrique dans le secteur BTP et la construction, l’optimisation de l’éclairage publique en utilisant des lampes à basse consommation, l’utilisation du bi ou tri horaire dans électricité pour permettre aux ménages d’optimiser leur consommation dans les heures de pointe et avoir le choix de consommer dans d’autres tranches horaires. En somme, des initiatives liées à une grande réduction de la facture et articulées autour du deuxième programme Inara implémenté par l’ONEE. Nous sommes dans un pays où la consommation électrique ne fait que croître, 6,5 % par an en moyenne. Il est important pour l’économie marocaine de répondre à cette demande et de trouver les formules idoines pour consommer d’une manière efficace. Ces nouvelles données impliquent seulement l’ONEE mais supposent des prises de conscience de la part de la société civile. Parallèlement, l’accès du photovoltaïque aux ménages avec la possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques chez eux va certainement bouleverser le domaine électrique marocain. C’est un sujet qui requière toute l’attention du Ministère de l’Energie depuis déjà un certain temps. Il s’agit de juguler la surcapacité de production et la consommation personnelle des ménages, en l’injectant dans le réseau électrique moyennent une compensation. Cela permettrait d’équilibrer la production électrique tout en soulageant la facture de la ménagère et celle de l’ONEE tout en injectant tous les surplus de la consommation.

Ceci se traduirait éventuellement par des primes ou subventions aux ménages de la part de l’État?

La prime de l’État c’est justement d’accorder la possibilité aux usagers privés et aux ménages d’injecter leur surplus sur le réseau. C’est un grand changement par rapport au parcours traditionnel où vous devez acheter de l’électricité chez un distributeur qui achète lui-même à l’ONEE ! C’est une révolution. Il s’agit quelque peu du modèle adopté par certains pays de l’Union européenne, notamment dans les pays du nord. Par ailleurs, c’est un modèle intéressant pour les heures de pointe, plus particulièrement le matin où s’enregistre le pic de la consommation. Les surplus non utilisé pourront être réinjectés. Ces surplus seront comptabilisés non pas nécessairement sous forme de rétribution mais de compensation. Nous atteindrons, et ce très prochainement, les 1000 mégawatts issus du photovoltaïque Avec le développement photovoltaïque au niveau résidentiel, nous pourrons facilement compter sur 1500 mégawatt supplémentaires correspondants à trois centrales de 500 mégawatt disponible pour le réseau. C’est énorme et une révolution pour un pays comme le Maroc étant donné la demande croissante et le modèle existant jusqu’à présent.

Le modèle des pays de l’Europe du nord s’avérerait comme un des plus équilibrés…

En effet, dans les pays nordiques, l’usager confie le contrôle de sa consommation à un compteur ( le net mitiring) qui procède au calcul de la consommation et la possibilité de compenser le surplus avec le distributeur. Cela a l’air simple mais la réalisation n’est pas si aisée. Pour ce faire, il faudrait changer la réglementation marocaine. Il faudrait avoir les bases technologiques adéquates, et il faudrait aussi maitriser le process afin d’éviter une croissance déséquilibrée du photovoltaïque ménager qui perturberait les équilibres économiques des principaux acteurs de la production électrique elle-même. Nous nous devons d’être vigilants.

Où en êtes-vous avec les programmes DESERTEC et ALEGA et en somme avec l’intégration des réseaux énergétiques régionaux et avec l’Union européenne ?

C’est une question très pertinente. Vous savez le Maroc a toujours opté pour l’intégration que ce soit à travers les programmes Desertec ou Alega. En effet, une dimension très importante qui partie intégrante de notre discours, c’est l’intégration régionale. Plus on intègre, plus on rentabilise la production électrique avec des coûts optimisès. D’autre part, le fait d’intégrer donnerait aussi une grande impulsion à l’utilisation des énergies renouvelables même si le stockage demeure une des grandes problématiques. Lorsque vous avez des réseaux importants, vous pouvez injecter à tout moment sans avoir recours au stockage. Grâce aux décalages horaires avec les pays voisins, ou le Maroc et l’Europe, ou encore le Maroc et l’Egypte, les possibilités d’injecter votre surplus en solaire ou en éolien se multiplient. Le Maroc est déjà connecté avec le marché ibérique, l’Espagne et le Portugal et nous importons pratiquement 17 à 20% de nos besoins en Espagne. Mais le Maroc est aussi connecté avec l’Algérie, et l’Algérie avec la Tunisie et sous peu il y aura une connexion avec la Lybie. Si nous restons dans une logique d’intégration, il faudrait que les pays européens fassent un effort pour renforcer les connexions de part et d’autre. L’Espagne par exemple réclame le renforcement avec la France, maintenant il faudrait que la France se positionne.

C’est comme un jeu de domino ?

C’est en effet comme un jeu de domino, vous avez raison. Mais pour ceux qui croient aux énergies renouvelables, c’est un aspect clé. Il y a certes des enjeux économiques telle que la volonté de la part des voisins du Maroc pour parvenir à cette intégration. Pour le Maroc, ce qui prévaut c’est son intégration avec l’Europe. C’est faisable car nous sommes un pays consommateur et potentiellement producteur mais si nous parvenons à obtenir cette compensation statique qui se pratique en Europe. Nous pourrions alors vendre l’électron vert considéré comme le salut de l’humanité. Si vous prétendez pouvoir le vendre en Espagne ou en Allemagne à des prix optimisés, il ne faut pas être très doué pour comprendre que produire un électron vert solaire est plus facile dans le sud que dans les pays du nord. Cela a plus de sens de le produire au sud de l’Espagne ou au Maroc qu’en Norvège. C’est pareil pour l’éolien vous savez que la productivité éolienne du Maroc est pratiquement deux fois supérieure à celle de l’Allemagne. Il faudrait pratiquer un ajustement qui passerait par l’intégration des réseaux pour pouvoir concilier, et d’une part, le bien des citoyens, et d’autre part, la compétitivité économique. Dans tous les cas, et indépendamment des difficultés rencontrées, nous poursuivons le débat dans le cadre de l’ALIAC et dans d’autres forums. Du côté européen, il commence à avoir une certaine prise de conscience quant à l’importance d’aller beaucoup loin dans l’intégration énergétique.

Quelles seraient les attentes du Maroc par rapport à une plus grande collaboration avec l’Europe et la France sur un plan énergétique ?

Au -delà des aspects concernant l’intégration où la France et l’Espagne jouent un rôle très important, car lorsque nous parlons d’intégration, la première interconnexion c’est avec l’Espagne, et ensuite entre l’Espagne et la France à travers les Pyrénées, une plus grande harmonisation profiterait aux pays concernés.

D’un autre côté, la politique marocaine des énergies renouvelables offre de multiples opportunités sur un plan industriel aux investisseurs français. Dans ce sens, la France a une longueur d’avance dans les domaines de l’industrie et de l’ingénierie, et c’est un pays leader au monde dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Pour l’implémentation de nos grands projets, nous avons soumis des appels d’offres à l’international où la concurrence est diversifiée. Le processus n’est pas très simple. Par exemple, la station de 160 mégawatt d’ Ouarzazate a été financée par un groupe saoudien mais l’aspect technologique a été pris en charge par des sociétés espagnoles. Pour la deuxième et troisième tranche, nous avons établi 7 consortiums, et pour la deuxième tranche, nous avons rassemblés 4 consortiums, et pour la troisième tranche 3 consortiums. Au sein de chacun de ces consortiums il y a entre 3 et 4 grands groupes couvrant, et l’aspect financier, et l’aspect technologique. Concernant l’aspect technologique, il y a des sociétés françaises. Récemment nous avons été en Allemagne à Hambourg pour un meeting germano-africain au cours duquel le Maroc a exposé son expérience en modèle d’énergies renouvelables. Notre expérience a beaucoup intéressé des pays comme le Sénégal, le Mali, la Cote d’Ivoire, ou le Nigéria qui est un grand producteur de fossiles. Dans ce sens, le ministre nigérian d’énergie s’est montré très intéressé par l’expérience marocaine. Par conséquent, il y a beaucoup d’opportunités qui pourraient être saisies par l’industrie française.

Revenant sur le fossile, une source énergétique certainement classique où il existe des possibilités réelles au Maroc. Qu’est-ce qu’on attend des grand projets de forages entrepris au Maroc ?

Le Maroc a foré à peu près 30 puits de pétrole en 2014. Le citoyen marocain espère beaucoup de ces nouvelles entreprises. Cependant, nous sommes conscients qu’il s’agit d’un domaine assez compliqué, très capitalisé et lourd de risque. Il s’agit d’un secteur obéissant à un processus technico-scientifique très sophistiqué. Ce que nous sommes en train d’accomplir au Maroc est capital parce que nous sommes dans une phase où nous avons réussi à éveiller l’intérêt des sociétés pétrolières internationales. Cela est très important. Grâce à une meilleure connaissance de la géologie marocaine, les hypothèses émises conduiraient à des résultats tangibles. Plus nous susciterons d’intérêt auprès des sociétés, plus nous pourrons développer une politique de forages, plus il y aura de chance pour découvrir du fossile. C’est ce qui s’est passe dans la Mer du Nord, aux Etats Unis, en Arabie saoudite, et dans beaucoup de pays d’Afrique. Nous en sommes aux balbutiements mais nous redoublons d’efforts pour continuer dans cette direction.

Le secteur minier est un autre domaine où le Maroc pourrait jouer un plus grand rôle, il y aurait dans ce sens des mouvements sur les plans législatifs et de recensement géologiques. Comment aborde votre gouvernement le redécollage du secteur ?

C’est en effet un secteur important. Le secteur minier au Maroc fonctionne à deux vitesses. Le Maroc est leader mondial en matière de phosphates. Nous avons conçu une stratégie nommée la règle 40 40 40 ; c’est-à-dire que représentons 40% du marché international phosphate brut, 40% de l’acide phosphorique et 40% de l’engrais. Par conséquent, nous travaillons sérieusement sur la valorisation des phosphates. C’est normal tenant compte du fait que le phosphate a un lien direct avec la sécurité alimentaire mondiale.

Le phosphate constitue un sujet clé sur lequel nous nous positionnons avec une stratégie claire et bien maitrisée. Quant au reste du secteur minier, avec des minéraux comme le cobalt, l’argent etc, il a été quelque peu écrasé par le poids du phosphate. Certes, les investissements, ainsi que les dépenses engagées pour la recherche sont demeurés insuffisants. Dans un premier temps, nous allons procéder à un amendement de code afin d’encourager l’initiative privée. En outre, nous devons fournir un grand effort dans le domaine de la cartographie géologique à ce jour très en retard. Actuellement, nous n’avons cartographié que 35% de territoire marocain. Une meilleure connaissance du terrain constituerait une grande opportunité pour les investisseurs. Ensuite, nous devons promouvoir ce secteur auprès des investisseurs internationaux. Les matières premières minérales sont très prisées et si nous faisons nos preuves, c’est un domaine où le Maroc pourra prétendre à une période dorée, toutes proportions gardées, comme cela a été le cas dans le domaine des phosphates.

Encore un domaine qui pourrait susciter intérêt auprès des français..

Absolument. A l’instar d’investisseurs australiens qui ont engagé aux alentours de 2milliards de dirhams, avec toutes les retombées positives que ces investissements induisent aussi bien sur l’industrie que sur le développement local. Idem pour les investisseurs français ou européens d’une manière générale.

Quel dernier message donneriez-vous aux lecteurs du Nouvel Observateur ?

La France est un partenaire stratégique. Il est important de construire un partenariat gagnant-gagnant. Certes, les transferts de technologies via des entreprises françaises, sont avérés. Au niveau international, la compétitivité pour la conquête de nouveaux marchés est âpre. Nous avons signé un très bon pacte de co-localisation industrielle avec la France, ce qui montre l’importance que nous accordons à ce que nous appelons la co-localisation industrielle, concept établi conjointement entre ces deux pays. Mais je dirai à mes amis français et européens de ne pas s’endormir sur leurs lauriers car la concurrence est grande et le Maroc est plein de possibilités…. Il faut mettre les bouchées doubles pour ne pas perdre toutes les grandes opportunités industrielles qu’offre le Maroc actuellement dans des secteurs clé, comme l’automobile ou l’aéronautique, et bien sûr dans des domaines comme les énergies renouvelables où les opportunités sont historiques.